Punisher : War Zone
Genre: Comics / Mangas , Vigilante
Année: 2009
Pays d'origine: Etats-Unis / Canada / Allemagne
Réalisateur: Lexi Alexander
Casting:
Ray Stevenson, Dominic West, Colin Salmon, Doug Hutchison, Wayne Knight..
 

Lors de sa croisade sanglante contre le crime organisé, le justicier Frank Castle alias The Punisher défigure et laisse pour mort le parrain de la pègre Billy Russoti. Dès lors, ce dernier fomente une vengeance terrible contre Castle. Sous le nouveau pseudonyme de "Jigsaw", le criminel recrute une véritable armée de sbires assoiffés de sang. The Punisher repart en croisade...

 

 

"Le Punisher", le personnage le plus ambigu de l'écurie Marvel, fait son retour sur grand écran pour la troisième fois. Après Dolph Lundgren et Thomas Jane, c'est au tour de Ray Stevenson (l'un des héros de la série "Rome") de reprendre les flingues fumants de notre anti-héros. Cette fois, les producteurs prennent le risque (calculé) de se rapprocher de l'ambiance des comics. En effet, malgré le petit succès de l'édition précédente, les fans de base on rejeté en bloc la version édulcorée de Jonathan Hensleigh ("Welcome to the Jungle"), ce qui n'a pas empêché le film de rapporter 115 millions de dollars (55 millions pour le cinéma + 60 millions pour le DVD). Une suite fut donc envisagée, avec de nouveau Thomas Jane (une affiche teaser fut même publiée avec son visage,) mais ce dernier quitta le projet qui s'enlisait au fil du temps. Finalement, c'est Ray Stevenson qui le remplaça. Le studio en profitera pour changer son orientation ; si le scénario (guère original, c'est vrai) ne s'inspire pas d'un album en particulier (mais utilise des personnages connus comme l'inspecteur Soap ou Jigsaw), il colle au plus près à l'ambiance des comics : violente, sanglante (gore par moments), dégénérée, grotesque et complètement débridée. C'est la force et le point faible de cette adaptation, car un certain excès peut mener quelquefois à deux doigts du ridicule (voir le héros s'enfoncer un crayon dans le nez !). Ajoutons un scénario bateau réduit à l'essentiel (remords + vengeance = carnage) et un peu trop de personnages secondaires (certains réduits à quelques scènes).

 


Néanmoins, il serait mal venu, après tant d'espoir déçu, de se focaliser uniquement sur les points faibles du film, car nous avons enfin une adaptation fidèle du personnage. Le film débute par un repas de famille dont les hôtes sont des mafieux attablés autour de leur patriarche (un vieux cerbère en chaise roulante). Le dîner commence, et soudain la lumière s'éteint. Apparaît alors à la lueur d'une torche "Le Punisher", qui se précipite sur le vieux parrain et l'égorge promptement. Les convives ont à peine le temps de réagir et se font massacrer méthodiquement, y compris la femme du parrain (une "desperate housewife" à forte poitrine). Une entrée en matière musclée qui augure le meilleur pour la suite. Malheureusement, lors de sa croisade, le "Punisher" commet une regrettable bavure en tuant un agent fédéral infiltré ; pour une fois, notre justicier commence à douter de sa mission. Troublé et rongé par les remords, il décide d'arrêter ; heureusement, son ami (et armurier) Linus le convainc d'en finir avec "Jigsaw" avant de se retirer. Une bonne idée, car dans le genre détraqué "Jigsaw" fait fort. Obsédé par son apparence, il se fait tout bonnement défigurer par notre héros qui le balance dans une broyeuse de bouteilles en verre, effet garanti. Evidemment, cela n'a pas arrangé son état mental. Depuis, le gangster nourrit un certain ressentiment envers notre vigilant ; mais c'est un véritable enfant de cœur comparé à son frère, un psychopathe cannibale qu'il va libérer de l'asile pour l'aider dans sa vengeance. Un duo infernal qui va évidemment s'attaquer à la veuve du pauvre agent abattu par Castle, mauvaise idée !

 


Depuis les années 80 et certaines productions comme "L'exterminateur", ou plus récemment "Death Sentence", on a rarement vu un film d'action aussi sanglant : un crâne qui éclate comme une pastèque, un Yamakasi qui explose en plein saut (marrant et jouissif), un pied de chaise dans l'œil (ouille), un visage réduit en bouillie par un coup de poing, des genoux éclatés au fusil, le méchant empalé et brûlé vif… Une violence qui, à force, devient "cartoonesque", un aspect renforcé par une magnifique photographie et un travail incroyable sur les teintes (voir la scène de l'église saturée de couleurs, ou les couloirs du métro presque monochromes) qui rappellera aux nostalgiques la glorieuse époque d'Argento. Au milieu de ce maelström de violence, l'acteur Ray Stevenson ne joue pas : il incarne son personnage de papier, monolithique et peu bavard, avec par moment des airs du grand Clint (qui servit d'exemple à certains auteurs de la bande dessinée). Certains diront sûrement qu'il joue mal ou pas du tout, normal ! Cela ne prouve qu'une seule chose, c'est qu'ils n'ont jamais lu une seule planche de la BD, et qu'ils feraient mieux de la fermer. En conclusion, on peut dire que c'est aussi jouissif qu'un John Woo (époque polar chinois), bourrin comme pas deux, consternant mais rempli d'idées déviantes (le recrutement des gangs par "Jigsaw") et d'un mauvais goût assumé, certes maladroit par moments (le personnage de la petite fille), mais toujours sincère. Bref, c'est la révélation de l'année, on n'avait pas pris un panard pareil depuis le "John Rambo" de Stallone (autre production déviante). "Punisher : War Zone", que certains qualifient déjà comme l'un des meilleurs mauvais films jamais réalisés, est une vraie œuvre de geek, un petit plaisir à 35 millions de dollars !

 

 

Malheureusement, il est fort probable que nous ne verrons pas cette œuvre chez nous en salle, car le film fut un échec cuisant au box office (la plus mauvaise recette pour un héros Marvel devant "Howard The Duck" et "Elektra", c'est dire). Par contre, quatre millions de DVD on déjà été écoulés aux USA, ce qui augure une suite en "direct to DVD".

 

The Omega Man
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