Nurse Sherri
Titre original: The Possession of Nurse Sherri
Genre: Horreur , Psycho-Killer , Possession
Année: 1978
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Al Adamson
Casting:
Geoffrey Land, Jill Jacobson, Marilyn Joi, Mary Kay Pass, Prentiss Moulden, Erwin Fuller, Clayton Foster, Bill Roy...
Aka: Beyond the Living / Black Voodoo / Hands of Death / Hospital of Terror / Killer's Curse / Terror Hospital
 

Le leader d'une secte essaye de ressusciter un mort lors d'une cérémonie dans le désert, mais ce dernier échoue à cause d'une crise cardiaque. Hospitalisé d'urgence, il décède sur la table d'opération, mais son esprit prend possession du corps de Jacobson, une infirmière à forte poitrine !

 

 

Le réalisateur/scénariste/acteur/producteur Al Adamson (1929-1995) commença sa carrière en 1963 au côté de son père (Denver Dixon alias Victor Adamson, réalisateur de westerns sans budget) sur le tournage de "Halfway to Hell". Tout de suite il prit goût au cinéma, et trois ans plus tard il fondera avec Sam Sherman "Independent International Pictures", une société qui produisit notamment "Psycho A Go-Go", "Satan's Sadists", "Horror of the Blood Monsters", "Dracula vs. Frankenstein", et "Five Bloody Graves". En 1983, le cinéaste quitte le métier et connaîtra quelques années plus tard une fin aussi rocambolesque et insolite que ses films, puisqu'il sera retrouvé noyé dans du béton sous sa maison. Alors que sa filmographie est déjà devenue culte pour certains grâce à la vidéo, il n'en faudra pas plus pour que l'homme devienne une figure emblématique du cinéma d'exploitation américain. En 1978, il réalise "Nurse Sherri", un faux film d'horreur vaguement inspiré par "L'Exorciste" (assez radin point de vue tripaille, quoique le ketchup coule à flot) derrière lequel se cache un vrai film de "nurseploitation", sous genre du "sexploitation" qui met en scène des infirmières. Le résultat est un croisement improbable entre un Russ Meyer et un film d'horreur. En fait, voilà le film idéal pour faire la connaissance avec un certain cinéma fauché mais heureux de l'être, et surtout de découvrir son réalisateur Al Adamson, dont toute l'oeuvre est bâtie sur le même canevas : suivre les genres à la mode, toujours prévoir quelques actrices à déshabiller, sans oublier un manque de moyens inversement proportionnel aux ambitions du maître (voir son "Horror of the Blood Monsters", monté à partir de morceaux d'autres productions !)
"Nurse Sherri" est une donc petite friandise dont l'intérêt majeur réside en son aérodynamique casting féminin, avec en tête la customisée Jill Jacobson, dont le(s) talent(s) crèvent littéralement l'écran. Bien en chair, l'actrice ne démérite pas et nous offre une prestation mémorable pour l'un de ses premiers rôles. Dommage que celle-ci n'aie pas persévéré dans le domaine, préférant se diriger vers une carrière à la télévision, notamment dans la série "Falcon Crest". A ses côtés, une autre actrice particulièrement attrayante, Marilyn Joi qui contrairement à sa consoeur fera une belle carrière dans le cinéma d'exploitation : "Black Samourai", "Galaxina", "Ilsa gardienne du harem", "Mansion of the Doomed". Pour interpréter le héros de cette aventure érotico-horrifique, Adamson va engager l'un de ses fidèles lieutenants, le méconnu Geoffrey Land, dont la filmographie se compose presque essentiellement de films du réalisateur ("The Female Bunch", "Blazing Stewardesses", "Black Heat", "Doctor Dracula", "Jessi's Girls".

 

 

Passons sur un début des plus calamiteux (qui selon la légende fut tourné par la suite pour une nouvelle exploitation !) avec six figurants hagards qui assistent à une messe noire dans le désert (le but est de ressusciter un cadavre plus très frais). Une séance qui tourne mal puisque le maître de cérémonie fait une crise cardiaque. Les choses commencent à bouger légèrement lorsque le patient arrive à l'hôpital. En effet, nous faisons connaissance avec l'infirmière Sherry et son amant le docteur Desmond. Nous assistons alors aux ébats amoureux de nos deux tourtereaux qui, une fois l'acte accompli, décident de nous faire partager leurs fantasmes. Le docteur rêve de se faire dégorger le poireau par l'une de ses étudiantes pendant qu'il donne un cours, tandis que notre infirmière se laisserait bien aller au plaisir saphique au bord d'une piscine. Dans la gratuité la plus totale, Adamson enchaîne ainsi trois séquences sexy remplissant largement son cahier des charges. C'est alors que le côté fantastique apparaît sous la forme d'une entité verdâtre (on a l'impression que c'est griffonné au crayon sur la pellicule) qui profite du fait que la pauvre Sherri soit seule pour prendre possession de son corps. En fait, il s'agit du "Necromancer" du début, décédé sur la table d'opération et qui cherche à se venger. Une fois possédée, la libido de la pauvre tombe en rade, mais heureusement pour le spectateur l'actrice passe alors le relais à sa collègue Marilyn Joi, qui va à son tour dévoiler son avantageuse anatomie, car nous sommes là dans un bien pittoresque hôpital, où les infirmières n'hésitent pas à donner le meilleur d'elles-mêmes pour le bien-être des malades. Bref, tous les stéréotypes du nudies sont au rendez vous (voir la scène où Marilyn Joi se déshabille devant un miroir !), jusqu'au final où deux infirmières vont essayer de vaincre la malédiction grâce aux indications d'un patient (un footballeur aveugle) dont la grand mère est une prêtresse vaudou ( !!!!!!! ). Pendant ce temps, le pauvre docteur doit affronter sa petite amie armée de hachoirs à viande !

 

 

Voilà un vrai beau film d'exploitation comme on les aime. Pensé entièrement pour être surexploité, il est sorti sous une kyrielle de titres et possède au moins deux montages différents connus, l'un intitulé "Nurse Sherri" pour la version sexploitation, et l'autre nommée "The Possession of Nurse Sherri" pour la version horreur. Le plus drôle est que la différence entre les deux montages ne se situe ni au niveau des scènes d'horreur, ni de sexe. Sans parler de l'idée de génie d'avoir donné les deux rôles principaux féminins à Jill Jacobson et Marilyn Joi, ce qui permet de faire passer la chose pour un film d'horreur basique et en même temps de la vendre comme un Blaxploitation. Il suffit simplement de changer l'actrice sur le poster et le titre ("Nurse Sherri" devient alors "Black Voodoo").
Ne vous attendez pas à voir un "shocker" croustillant genre "Massacre à la tronçonneuse" ou "La Colline à des yeux", ici l'horreur est réduite au minimum au détriment d'un érotisme bon enfant. On retiendra pourtant le final où la pauvre Sherri, un hachoir dans chaque main, menace son amant, et la séquence du cimetière avec deux infirmières en vadrouille (on se croirait dans un épisode de "Drôles de Dames"). Pour le reste, le résultat suinte le manque de moyens, les décors semblent sortis tout droit d'un porno, et l'hôpital se résume à peu de choses (un couloir, une chambre, deux malades). Mais ce dépouillement, associé au talent des actrices (essayez de ne pas regarder le tee-shirt de Marilyn Joy lors de la séquence du cimetière) a comme un côté envoutant qui rend cette incongruité presque indispensable !

 

 

The Omega Man

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