Hallucinations
Titre original: Xiao sheng meng jing hun
Genre: Horreur , Comédie , Thriller , Fantastique , Action
Année: 1987
Pays d'origine: Hong Kong
Réalisateur: Lau Ka Wing
Casting:
Miu Kiu-Wai, Eric Tsang, Emily Chu, Anita Mui, Wu Fung, Phillip Ko Fei, Yuen Wah, Chow Yun-Fat...
Aka: Scared Tiff
 

Alan et Halley sont victimes d'un accident de voiture. Si Halley s'en sort avec des blessures mineures, Alan est plongé dans le coma tandis que son cerveau continue à fonctionner. Revenu à la vie sans explication, Alan devient le sujet d'expériences étranges. Depuis son accident, il est capable de "lire" les rêves de ses proches. Le jour où Halley est témoin d'un meurtre, Alan utilise ses pouvoirs psychiques pour recomposer les faits.

 

 

Voilà un film bien étrange, qui flirte avec tous les genres à la mode : comédie, action, thriller, science fiction et épouvante... le tout naviguant maladroitement entre l'hommage et la parodie. D'abord, rétablissons une vérité ; si Chow Yun Fat est bien présent au générique, il n'apparaît que bien tard au niveau de l'histoire, dans un rôle de policier psychopathe qui étonnera sûrement ses admirateurs. Les vraies vedettes du film sont en fait le gros Eric Tsang (réalisateur des deux premiers "Mad Mission") et la belle gueule Miu Kiu-Wai (Final Run), les deux acteurs essayant tant bien que mal de singer le duo comique Jerry Lewis & Dean Martin (qui ne volait déjà pas bien haut).


Ensuite, nous avons donc droit à plusieurs scènes de comédie, qui rendent par moments le film extrêmement pénible, surtout à cause d'Eric Tsang, totalement en roue libre dans son rôle inévitable d'obsédé sexuel. Nos deux héros (le séducteur et l'obsédé) vont se retrouver embringués par hasard dans un hold-up qui tourne mal, surtout pour Alan (Miu Kiu-Wai) qui, à la suite d'un accident de voiture, sombre dans le coma. Mais comme Richard Burton dans The Medusa Touch, sa volonté est plus forte que tout, et le brave gars réussit à se réveiller. Seulement, il semble avoir acquis un étrange pouvoir télékinésique, qui va lui permettre de découvrir l'identité d'un mystérieux meurtrier.

 

 

Expliquée en deux lignes, l'histoire semble plutôt alambiquée. A l'écran, c'est encore pire ; ne vous absentez pas par pisser (appuyez sur pause), car vous risqueriez de ne plus rien comprendre. Non pas que le scénario soit compliqué, mais parce que le réalisateur passe d'un genre à l'autre avec une déconcertante facilité, ajoutant des personnages et des péripéties à sa guise.


Le début du film s'engage dans une comédie loufoque, où nos deux comédiens nous assènent un humour proche du potache. C'est franchement la partie la plus pénible du métrage. Vient ensuite l'accident et la convalescence d'Alan, puis son histoire d'amour avec une jolie infirmière. Le film change alors d'orientation pour la science-fiction (on pense alors à "Dreamscape", petite série B sympa dans laquelle Dennis Quaid pouvait intervenir dans les rêves). C'est d'ailleurs par l'entremise d'une scène de rêve que le film plonge dans le fantastique. Enfin, arrive la dernière partie, avec un Chow Yun Fat en tueur psychopathe, qui est bien décidé à éliminer tous les témoins de ces méfaits. Cette partie est certainement la plus intéressante, car la plus violente et la plus sanglante, s'achevant en apothéose par une sorte de remake de "Scanners".

 

 

A force de partir dans tous les sens, de manière impromptue (comme l'arrivée du témoin gênant et du personnage de Chow), le film finit par égarer le spectateur. Mais c'est sans conteste l'apparition du grand Chow Yun Fat qui sauve cette production de l'oubli. Car, en effet, le comédien est tout à fait délectable en psychopathe. Il faut le voir pénétrer chez un témoin et éliminer femme de ménage et mari avant de s'attaquer à sa victime, un peu trop récalcitrante. Parmi les scènes réussies (mais totalement gratuites) on peut également citer le rêve où le héros croise une vampirette à forte poitrine (que Russ Meyer n'aurait pas renié). Pour une fois, surnage un gag savoureux dans lequel les vampires et leurs victimes abordent un carton avec leur groupe sanguin (évidemment, certains trichent !).
Mais l'apothéose reste le final se déroulant dans une casse de voiture, où le méchant (Chow Yun Fat) et ses complices abattent le gros Eric Tsang comme un chien (séquence savoureuse), ce qui déclenche le déchaînement des pouvoirs télékinésiques de son ami. Les responsables subiront alors un châtiment particulièrement sanglant (par rapport au reste du film, assez soft). A cause des épaves des véhicules qui se mettent subitement en route, Chow Yun Fat finit écrasé entre deux véhicules, avant d'être enseveli sous un amas de voitures se projetant littéralement sur lui.


Les noms de Sammo Hung (producteur) et de Chow Yun Fat ne sont sûrement pas étrangers à l'exhumation de cette curiosité, dont le seul intérêt demeure certainement la prestation de Chow. Pour le reste, le film balance entre la comédie chinoise limite mongoloïde et le règlement de comptes sanglant à la "Carrie". Peut-être les amateurs des deux genres pourraient y trouver leur compte ; les autres navigueront probablement entre la perplexité et l'indifférence.

 

 

The Omega Man


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# La fiche dvd Metropolitan du film Hallucinations

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