Baroudeur, Le
Titre original: Gold Raiders
Genre: Action , Aventures
Année: 1983
Pays d'origine: Grande Bretagne / Thaïlande
Réalisateur: Philip Chalong
Casting:
Robert Ginty, Sarah Langenfeld, Williams Steven, Dusty Rhodes...
Aka: Fire Games / Mission Firegame
 

Un avion transportant 200 millions de dollars de lingots d'or est détourné sur le Laos. La CIA, voulant récupérer la précieuse cargaison, dépêche sur le terrain un commando et son meilleur agent, Mark Banner.

 

 

Certaines productions sorties en vidéocassette dans les années 80 se voient offrir aujourd'hui l'opportunité d'échapper à toute critique un tant soit peu objective, par leur statut de rareté ou de film culte. Cet état de fait est courant dans les pays anglo-saxons et asiatiques, qui furent d'incroyables consommateurs de bandes magnétiques, et surtout parce que certaines productions éditées à l'époque n'ont pas été jugées assez intéressantes pour être exploitées en DVD et sont restée inédites sur ce support (et par extension à une certaine catégorie de consommateurs n'ayant jamais connu la cassette vidéo). Chez nous (France/Belgique), les cas sont beaucoup plus rares et souvent relégués à quelques sites spécialisés (comme un certain Psychovision), mais certains films ont marqué leur génération, parfois uniquement par l'accroche de leur jaquette. Car à l'époque, la plupart des éditeurs avaient basé leur politique de location en grande partie sur le visuel. Parmi eux, "Liberty Video" qui, dans son catalogue, proposait, entre Horrible et Les traqués de l'an 2000, un certain Le Baroudeur.

 

 

Chose assez rare, cette petite série B complètement oubliée du reste du monde semble avoir survécu chez nous en grande partie grâce à sa jaquette vidéo. Il faut bien avouer que le film pouvait compter sur sa vedette principale, un certain Robert Ginty, star des vidéoclubs dans les années 80. Son nom ne vous dit probablement rien, comme la plupart des consommateurs de l'époque, mais il suffisait d'ajouter à côté le mot "Exterminateur" et les visages exultaient d'une ferveur un rien perverse. En effet, l'acteur n'était autre que le fameux exterminateur du film de James Glickenhaus, Le droit de tuer, gros succès de vidéoclub devant l'éternel. Ils seront nombreux à rester perplexes devant la popularité toute relative de l'acteur qui n'avait absolument pas le physique de l'emploi, un peu comme si Patrick Juvet était devenu une star du film d'action, mais sa filmographie restera une mine pour le cinéphage pervers et déviant, notamment sa première réalisation intitulée "Bounty Hunter".

 

 

Mais qu'en est-il du film en lui-même, me direz-vous ? C'est une petite pépite de n'importe quoi, issue d'une coproduction improbable entre la Grande-Bretagne et la Thaïlande, le tout ressemblant par moments à un "Mad Mission", l'humour étant ici involontaire. Coproduction oblige, Robert Ginty se retrouve entouré d'une ribambelle d'acteurs thaïs (dont on ne sait quasiment rien), d'un top model devenue actrice mais qui ne fit guère carrière (quatre films) et d'un catcheur (Dusty Rhodes). Tout ce beau monde se promène dans la jungle du Laos en essayant de récupérer une cargaison de lingots d'or, poursuivi par les malfaisants du coin, dont un infâme colonel qui voudrait tout garder pour lui. Pour affronter ces périls, le beau Ginty peut compter sur un commando d'élite et surtout une moto deltaplane armée de missiles, avec laquelle il franchira un précipice en roulant sur un câble, alors que le véhicule est censé voler !!!

 

 

L'ensemble est réalisé par Philip Chalong, évidemment oublié des encyclopédies de cinéma, mais responsable de joyeusetés comme "Vengeance en Thaïlande", film de karaté connu sous une kyrielle de titres, "H-Bomb" avec Chris Mitchum et Olivia Hussey ou "In God We Trust" avec Jan Michael Vincent et Sam Jones. Avec Le Baroudeur, Philip Chalong signe un film d'aventure décomplexé et proche de la bande dessinée, où les fusillades succèdent aux traquenards dans une ambiance de kermesse.
Le scénario accumule les raccourcis et les digressions sont nombreuses et parfois totalement gratuites, comme cette caverne peuplée de chauves-souris géantes, ou cette bataille d'hommes grenouille sortie d'un James Bond. Les personnages sont des stéréotypes ambulants, comme ce colonel chauve, moustachu et unijambiste, un vrai sadique doublé d'un obsédé sexuel adepte du fouet, qui se fera piquer sa guibole par un chien dans une scène ubuesque. L'héroïne est jolie comme un cœur mais joue comme une savate, la pauvre se croit dans une pub pour un parfum (voir sa première rencontre avec Ginty, à se pisser sur les chaussures), et se paye une scène d'amour au pied d'une cascade digne de la couverture d'un roman Harlequin. Pour l'anecdote, les deux acteurs se retrouveront l'année suivante dans "The Act", une comédie signée Sid Shore. Robert Ginty est fidèle à lui-même ; blanc comme un cachet d'aspirine, il traîne sa carcasse en flinguant un maximum de méchants, nous réservant le meilleur pour la fin avec une petite tirade sur la paix ! Robert, tu nous manques !

 

 

The Omega Man

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