Tueur de San Francisco, Le
Titre original: Killer's Delight
Genre: Thriller , Psycho-Killer , Policier
Année: 1978
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Jeremy Hoenack
Casting:
James Luisi, Susan Sullivan, John Karlen, Martin Speer, Hilary Thompson, George 'Buck' Flower...
Aka: The Dark Ride / The Sports Killer / Dark Rider
 

A San Francisco, six jeunes femmes ayant toutes un profil semblable sont retrouvées assassinées sans que le ou les auteurs des crimes soient arrêtés. Le détective Vince DeCarlo est convaincu que ces meurtres sont liés et sont le fait d'une même personne. Seul détail réel qui relie les victimes : chacune d'elle pratiquait l'auto-stop. DeCarlo s'engage alors dans une enquête qui le mènera aux confins de la psychopathie...

 

 

Killer's Delight est écrit et produit par Maralyn Thoma, dont la carrière débuta en 1977 dans un épisode de "L'homme de l'Atlantide", avant de passer directement à cette petite série B, puis de pondre en batterie les scripts de 112 épisodes (sur 2137) du soap cultissime "Santa Barbarabas", puis 5 épisodes (sur les 13044 à ce jour, fichtre !) pour "Hôpital central", série hypocondriaque où les médecins se roulent des pelles depuis des années au-dessus de mourants. Son script est alors illustré par un parfait inconnu, tout du moins en tant que metteur en scène : Jeremy Hoenack. Logique puisque le bonhomme est bien plus connu comme artisan du son depuis 1974, avec pas loin de 250 crédits à son actif.

On y retrouve quelques bonnes bouilles bien connues dont, en premier lieu, James Luisi, acteur quasi indissociable de la plupart des séries des années 70 et aperçu de temps à autre dans des rôles secondaires au cinéma ("The Take" de Robert Hartford-Davis en 1974, "Les risque-tout" de Mark L. Lester en 1977 ou encore l'étonnant "Fondu au noir" signé Vernon Zimmerman en 1980). Celui-ci est loin d'être mal accompagné puisque le rôle principal féminin échoie ici à Susan Sullivan, actrice au charisme certain mais hélas mal exploité au sein d'une carrière où son principal titre de gloire est d'avoir squatté la série elle aussi célèbre : "Falcon Crest".

 

 

Plus intéressant encore au niveau cinéma Bis et indépendant, on note la présence de John Karlen, dont le visage nous est familier notamment pour ses collaborations avec Dan Curtis ("La fiancée du vampire", la série "Dark Shadows", "Night of Dark Shadows", "Night of Terror", Trilogy of Terror). On se souvient aussi de lui, dans un rôle important, dans le très singulier et très beau "Les lèvres rouges" de Harry Kümel, ainsi que dans "La vengeance aux tripes" de Jack Starrett, dans lequel il croisait déjà, deux ans avant ce psycho-killer modeste, ce bon vieux George 'Buck' Flower, acteur dont les rôles qui lui furent confiés n'étaient souvent pas à la hauteur de son talent. C'est du reste le cas une fois de plus dans Le tueur de San Francisco où son personnage est sacrifié, tenant finalement plus de l'apparition fugitive (on se souvient pourtant, entre autres, de sa présence dans le dézingué Criminally Insane de Nick Millard).
Pour finir au niveau casting, du reste tout à fait respectable et de prime abord rempli de promesses, signalons la bonne présence de Martin Speer (La colline a des yeux), de Anne-Marie Martin (Prom Night, The Boogens, la série Buck Rogers) qui passe et trépasse rapidement mais avec cependant un art confirmé de la screaming girl et de la victime chronique.

 

 

Dès 1972, l'immense barbu nageant dans le brouillard avait prévenu : Quand San Francisco se lève... accrochée à ta mémoire, on y vient à pied, on n'y frappe pas, on y repart les deux pieds devant, etc, etc... chacun connait les paroles, inutile de les décliner davantage. Disons que le film est fidèle à la chanson : mou du bulbe, déroulant une action la plupart du temps avachie, et prévenons de suite : nombre d'aventuriers curieux de petits horrifiques oubliés au fil du temps se verront très vite pris à revers par une première partie plate et sans rythme. Amateurs de meurtres sanglants, passez votre chemin également !

C'est finalement dans une seconde partie, plus urbaine et nocturne, que Killer's Delight parvient à se dépatouiller tant bien que mal, distillant alors sa petite patine toute seventies et son petit cachet d'effroi. Les parties meurtrières de cache-cache entre les victimes tétanisées, systématiquement retranchées au fond d'un couloir ou d'une cuisine, et notre serial killer, bien que répétitives, font leur petit effet et fonctionnent plutôt correctement. A cet égard, le camion du tueur en série (bien que le film s'inspire de façon lointaine, principalement, des meurtres commis par Ted Bundy mais aussi un peu d'Ed Kemper) en devient petit à petit un objet menaçant, tout comme l'utilisation de photos de morgue tendant - faute de budget probablement - à remplacer avantageusement les scènes qui s'annonçaient gores. Si la présence de James Luisi paraît parfois un peu fadasse et empruntée, celui qui vole ici la vedette à tout le monde est notre psychopathe campé par John Karlen, de façon mi-grotesque, mi-terrorisante (il faut le voir affublé d'une énorme perruque et d'éléphantesques lunettes noires). Du coup, contre toute attente, Le tueur de San Francisco parvient petit à petit à redresser la barre puis à susciter l'intérêt. Soit, il ne s'agit pas là d'une oeuvre, ni transcendante, ni marquante, mais une fois la moyenne faite, il reste un spectacle sans génie aucun mais assez correct. Au rayon Psycho-Killers, et pour le situer qualitativement, il demeure un bon petit cran au-dessus de Don't Answer the Phone! ou de Un tueur dans la ville, entre autres exemples. Après, pour ce qui est des traumas avec maman, on a déjà vu ça trop de fois pour se laisser amadouer...

 

 

Mallox

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