Anges sauvages, Les
Titre original: Bury me an angel
Genre: Bikesploitation
Année: 1971
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Barbara Peeters
Casting:
Dixie Peabody, Terry Mace, Clyde Ventura, Stephen Wittaker, Dennis Peabody, Joanne Moore Jordan...
 

Au cours d'une beuverie gnole/pétard/lsd dans un garage, Dennis (Dennis Peabody) est abattu à bout portant (chouette explosion de tête resservie une bonne dizaine de fois via des flash-backs) sous les yeux de Dag, sa soeur (Dixie Peabody, lien de parenté authentique), par un truand (Stephen Wittaker). Le tueur prend la fuite pour s'exiler à la frontière canadienne. Anéantie, Dag, plutôt que de ruminer les souvenirs qu'elle conserve de Dennis dans la maison qu'elle partageait avec lui, s'équipe d'un fusil de chasse, enfourche la moto de son frangin puis, flanquée de deux losers, Jonsie et Bernie (respectivement Terry Mace et Clyde Ventura) remonte la piste qu'a emprunté le meurtrier.

 

 

Afin d'entraver tout sentiment de frustration possible, il me parait important de préciser en amont que "Les anges sauvages", plus proche d'un "Easy Rider" que d'un "Satan's sadists" n'a rien d'un film d'action. Hormis une bagarre générale dans un bar torchée à la va-vite, l'accent est ici plutôt porté sur la psychologie, à travers le périple identitaire de son personnage central. Inutile d'escompter donc une vengeance sanglante à travers les States, avec son lot de fusillades, poursuites en bécane et bourre-pifs à la pelle. Pas de démonstration de force virile non plus, Barbara Peeters, réalisatrice formée à l'écurie Corman, nous ayant pondu là un pamphlet féministe volontiers manichéen où les hommes apparaissent comme des couards, des poivrots, ou plus simplement comme des crétins légers, à l'image des deux acolytes de Dag.
Abstraction faite de tous ces éléments, que faut-il donc retenir d'un tel film ? En fait, pas grand chose, juste un road-movie assez inconsistant, ou "biker movie" pour le rattacher à ce sous-genre très en vogue fin 60's-début 70's. Pas toujours bien filmé (j'en reviens à la bastonnade dans le bar, un des combats les moins bien branlés de toute l'histoire du cinéma, où les coups sont portés à vingt centimètres facile du visage et où même les vieilles septuagénaires participent, quitte à se ramasser des pains dans la gueule... débile), parfois interprété n'importe comment (Dixie Peabody, aussi bonne bikeuse expérimentée qu'actrice exécrable qui en livre parfois des tonnes) et souvent incohérent.

 

 

On retiendra notamment la manière risible dont Dag obtient des renseignements dans les diverses bourgades où sa bande fait une halte, sur le type qu'elle recherche. Un exemple avec le tenancier d'un snack : "Auriez-vous aperçu un moustachu d'1 mètre 75 environ dans votre patelin dernièrement ?" Ce à quoi le gus lui rétorque du tac-au-tac : "Ah oui, il est passé mardi dernier". Bin tiens... encore heureux pour elle que le salaud n'ait pas choisi la Turquie comme nouvelle terre d'accueil. Autant chercher un Dominique Aveline dans une meute de founes. Et puis, il y a aussi les différentes rencontres que font le trio sur leur chemin, qui ont le mérite de ne rien amener au récit, que ce soit ce flic très con qui les menace inutilement avec sa pétoire, cette étrange femme aux pouvoirs chamaniques (Angel Colbert) rencontrée dans un village déserté pris sous une tempète de sable (scène plutôt réussie au demeurant), ou bien encore la "guest appearance" de Dan Haggerty (reconverti aujourd'hui à Hollywood dans le dressage d'animaux), dans le rôle d'un enseignant que s'enverra Dag.
Même lors des retrouvailles avec l'assassin de Dennis, il ne faudra pas compter sur une poussée brusque d'action, ni même de violence. C'est bien pire que ça : l'ordure, terré dans une cabane vétuste au milieu de nulle part, est dans la ligne de mire du fusil de Dag, il supplie pour sa vie, la gourdasse se dégonfle et dévie son tir vers une fenêtre puis s'effondre au dehors en gémissant qu'elle n'a pas pu le tuer. Super ! Ca valait bien la peine de se bouffer des milliers de borne pour virer pacifique à l'instant crucial. Présentant une vengeance des plus pathétiques qui soit, "Les anges sauvages" est une oeuvre dont on ne retiendra donc quasiment rien, si ce n'est quelques belles séquences fleurant bon la liberté, de virées en Harley à travers des paysages américains d'une splendeur incomparable et une trame sonore rock-folk adéquate.

 

 

Throma
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