Spectre du chat, Le
Titre original: The Shadow of the Cat
Genre: Thriller , Agressions animales , Murder party
Année: 1961
Pays d'origine: Angleterre
Réalisateur: John Gilling
Casting:
André Morell, Barbara Shelley, Andrew Crawford, Freda Jackson, Conrad Phillips, William Lucas...
Aka: L'ombra del gatto / Schatten einer Katze
 

Dans le grenier délabré d'un manoir, Ella Venable rédige un testament dont l'unique bénéficiaire est sa nièce Elizabeth. Son mari Walter, ayant découvert qu'elle était sur le point de modifier ses dernières volontés, a passé un accord avec ses deux domestiques, Andrew et Clara. Il leur promet de partager avec eux l'héritage d'Ella s'ils l'aident à supprimer sa femme. Leur cupidité est telle qu'ils acceptent, et c'est Andrew qui se charge de la basse besogne. Le majordome s'occupe ensuite d'enterrer la dépouille d'Ella Venable dans les bois avoisinants.
Mais, pensant avoir accompli la tâche la plus difficile, le trio va se heurter à deux problèmes de taille : retrouver le testament qu'Ella était parvenue à cacher avant de mourir et, surtout, se débarrasser de Tabitha, le chat de la défunte, qui a été témoin du meurtre de sa maîtresse. L'animal va en effet tout mettre en oeuvre pour rendre la vie impossible aux coupables, voire à les éliminer !

 

 

Tourné en 1961, Le spectre du chat est un thriller fort sympathique peu connu de la pourtant prestigieuse firme Hammer. D'ailleurs, du fait que le producteur de ce film, Jon Penington, n'était pas affilié à la célèbre société de production, nombreux étaient à penser à l'époque, dans le milieu du cinéma, que The Shadow of the Cat n'était pas un film de la Hammer. Ce qu'il est pourtant, indéniablement.
Il a d'ailleurs été réalisé par l'un des grands noms de la firme britannique, John Gilling. Ce sera son premier film tourné pour la Hammer, qui avait probablement été bluffée par la maîtrise du metteur en scène sur L'impasse aux violences, l'année précédente.
Si John Gilling ne sera jamais l'égal de Terence Fisher, il laissera néanmoins une trace indélébile dans la filmographie de la Hammer, avec des films comme L'invasion des morts-vivants, "La femme reptile" et "Dans les griffes de la momie".

 

 

Dans l'esprit, Le spectre du chat se voulait non seulement un clin d'oeil à la nouvelle d'Edgar Allan Poe (Le Chat noir), mais surtout un hommage aux thrillers à l'ambiance mystérieuse et fantastique des années 1920-1930 (comme The Bat, "The Cat and the Canary", "House of Mystery", etc.). C'est la raison pour laquelle il fut tourné en noir et blanc, afin de retrouver une ambiance similaire, même si l'on peut supposer que ce fut aussi pour des raisons budgétaires.
Comme pour la plupart des films emblématiques de la maison de production britannique, Le spectre du chat fut tourné dans les décors des Studios Bray, situés à Windsor près de Londres. Il en fut de même pour "La Nuit du loup-garou", filmé conjointement ou presque, ce qui explique pourquoi les films de John Gilling et Terence Fisher furent proposés en double-programme dans les salles de cinéma britanniques à leur sortie.

 

 

Si le chat fait ici office de "bras vengeur", et apporte ainsi une touche fantastique au film (comme si la défunte maîtresse de l'animal le "téléguidait" d'outre-tombe), The Shadow of the Cat demeure un pur thriller aux allures de murder party, dans le cadre unique d'une demeure et de ses proches alentours. On y retrouve une famille foncièrement cupide à l'exception du personnage de la nièce (Elizabeth, ou plus simplement Beth), qui personnifie quant à lui la vertu.
Dans sa structure de prime abord classique, le film ne manque pourtant pas d'originalité. L'exemple le plus marquant, dans le scénario, consiste à remplacer le triumvirat malfaisant initial (Walter Venable/Andrew/Clara) par un autre composé de trois autres membres de la famille (Edgar Venable/Jacob/Louise) dès lors que l'impitoyable et rusée Tabitha (c'est une femelle) est parvenue à éliminer les conspirateurs d'origine. Fort heureusement, la fidèle chatte tout comme Beth sont aidées dans leur quête à faire éclater la vérité (qu'est-il arrivé à tante Ella ?) par deux investigateurs aussi coriaces que pertinents, un inspecteur de police fin limier et un journaliste intrépide qui ne manquera pas de tomber amoureux de l'héroïne.

 

 

Quant au casting, il est constitué essentiellement de visages familiers de la Hammer, les deux plus connus étant la merveilleuse et ravissante Barbara Shelley (Le sang du vampire, The Gorgon, "Dracula prince des ténèbres") dans le rôle de Beth, ainsi qu'André Morell ("Le chien des Baskerville", L'invasion des morts-vivants, Le dernier train du Katanga) dans celui de l'infâme Walter.
On reconnaîtra également au passage le visage inquiétant de Freda Jackson ("Les maîtresses de Dracula", La vallée de Gwangi), celui débonnaire de William Lucas (La tour du diable) ou celui plus fermé de Richard Warner ("Dans les griffes de la momie"). Enfin, même si son rôle est bref, l'infortunée Ella Venable est incarnée par Catherine Lacey, vue dans The Servant de même que dans "La créature invisible" de Michael Reeves.

 

 

Avec The Shadow of the Cat, John Gilling a distillé au sein de ce thriller une touche d'humour noir efficace, aidé en cela du scénariste George Baxt qui avait travaillé préalablement sur "Le cirque des horreurs" et "La cité des morts", avant de poursuivre juste après Le spectre du chat avec le remarquable "Brûle, sorcière, brûle !" La musique, quant à elle, est signée par Mikis Theodorakis, auteur de compositions renommées au sein desquelles figurent celles de "Zorba le Grec", "Z" ou encore "Serpico". La partition musicale de Theodorakis a tendance à forcer le trait lors des "moments-clé", mais ceci est en fait volontaire et peut être considéré comme un ressort comique désiré par la production. Cela n'empêche pas le film d'être avant tout un thriller efficace ou, comme le disait Jason Morell (le fils d'André) dans une interview : "a Hammer B-movie shocker" (shocker : film à sensation).
Enfin, il ne faudrait pas oublier celui qui a réussi le tour de force de faire du chat Tabitha une vedette à part entière. Cette performance, on la doit à un dresseur d'animaux qui sera appelé également sur les plateaux de La tombe de Ligeia et du "Dracula" de John Badham. Son nom est John Holmes, et n'a rien à voir avec son homonyme américain et vedette incontestée du porno américain dans les années 1970-1980, même si ce dernier était également capable de dresser des "chattes"... à sa manière.

 

 

Flint

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