Promeneur de l'éternité, Le
Titre original: Time Walker
Genre: Science fiction , Horreur , Fantastique
Année: 1982
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Tom Kennedy
Casting:
Ben Murphy, Nina Axelrod, Kevin Brophy, Robert Random, James Karen, Austin Stoker, Melissa Prophet, Sam Chew Jr., Shari Belafonte...
Aka: Time Walker / Time Walker, le Promeneur de l'éternité / Being from Another Planet
 

Le tombeau des hommes de Toutankhamon est découvert après un rayonnement massif de rayons X, une radiation qui met donc au grand jour le sarcophage d'Ankara-Venharis, autrement appelé "le voyageur noble". Autour de l'objet funèbre se trouvent les corps de six anciens guerriers décomposés, tandis que dans le sarcophage même se trouvent également cinq diamants.
Lorsque le cercueil est envoyé à l'institut des sciences de Californie, les diamants sont alors volés par un universitaire. A priori, cela n'est pas du goût de la momie enfermée dedans puisque, le jour suivant, le sarcophage est retrouvé vide. La momie a disparu ! Très vite, l'étudiant à qui la garde fut confiée est accusé à tort de l'avoir volée. A l'instar d'un De Funès s'exclamant "On a dépendu mon pendu !", "Rends-nous la momie, rends-nous la momie !", le somme-t-on. Sauf que, comme suggéré avant, notre "voyageur" s'avère être d'origine extra-terrestre. Monsieur est de sortie, prêt à tout pour récupérer les diamants...

 

 

Time Walker eut droit à une diffusion aux États-Unis sous le titre "Being from Another Planet", dans le cadre de la série des Mystery Science Theater 3000...
Est-ce justifié ? En aucun cas ! Personne n'a besoin d'être assisté pour décrypter la débilité d'un film, à se voir souligner sa niaiserie, ses plans ridicules, par des rires souvent plus débiles et suffisants que le spectacle lui-même.

Tout en étant un film modeste, il ne mérite en aucun cas ce traitement...

 

 

Alors oui, malgré son joli titre d'exploitation française (Le Promeneur de l'éternité - d'où sort-il d'ailleurs, d'une diffusion télé ?), Time Walker n'est pas à proprement parler un bon film. Celui-ci débute par des plans de l'espace, puis du ciel ; l'on comprend dès lors que le phénomène auquel on assistera sera, outre temporel, d'origine extra-terrestre. De là, comme dit dans le résumé, s'ensuivra la découverte du tombeau de Toutankhamon par un enseignant en faculté qui le ramènera jusqu'en Californie. Certes, drôle de postulat de départ. On aurait pu trouver une toute autre origine que nous faire revenir des pharaons d'une autre galaxie au sein de laquelle ils se seraient planqués depuis des centaines d'années.
Une fois passé ce trop-plein d'imagination ("trop délire, j'vous jure !") que l'on peut également aisément mettre sur le compte d'un esprit comics qui ne se prend pas au sérieux, on assiste finalement à une petite série B plutôt convenable par rapport à ses faibles moyens. Les situations s'enchaînent à un rythme correct et, tout compte fait, ce point de départ a priori tordu permet de faire s'enchaîner des situations à la fois horrifiques et empreintes d'humour...

 

 

Ainsi retombe-t-on au bout d'une vingtaine de minutes sur des bases plus classiques : le jeune homme, ayant subtilisé les pierres précieuses, prend part à une fiesta organisée par les étudiants. Ce qui permet au réalisateur Tom Kennedy de nous balancer un segment évoluant non loin du slasher, substituant cependant par une momie venue d'ailleurs le premier tueur venu, cagoulé et maniant si possible la hache. Nous retrouvons donc notre "bandelé" de service en train d'épier la fête de dehors, à la fenêtre, pendant qu'à l'intérieur l'un des étudiants a la lumineuse idée de se déguiser en... momie ! Évidemment, comme vous vous en doutez, ceci vaudra quelques notes d'humour un brin potache, avec même un hommage à la scène de douche de "Psychose" par momie et électrocution interposées (il ne sera d'ailleurs pas interdit de penser à Children Shouldn't Play with Dead Things, horrifique humoristique lui aussi fauché, réalisé par un Bob Clark qui fera ensuite les films et la carrière que l'on sait).

La suite réservera quelques destins funestes, quelques morts violentes, et l'on tentera de ramener la momie chez elle, à coups de croche-pattes, comme un migrant, c'est-à-dire au royaume des morts et/ou dans sa galaxie. A noter, pour le détail, que ladite créature a une forte tendance à tout voir en vert lors de vues subjectives, généreusement filtro-illustrées à l'écran, tout comme elle largue régulièrement de grosses fientes vertes lorsqu'elle se mue ; une fiente qu'il ne faudra surtout pas toucher sous peine d'être mortellement contaminé.

 

 

Doté d'un budget plus conséquent et d'un metteur en scène de plus grand talent, Time Walker aurait pu être une réussite, une vraie. En l'état, malgré la générosité de la chose, il faut bien admettre que la mise en scène de Tom Kennedy, dont c'est le seul film comme réalisateur, n'est pas à la hauteur de la fantaisie délirante de ses scénaristes. A ce sujet, on remarquera la présence de Jason Williams, ex-star intergalatico-priapique de "Flesh Gordon" à la base de l'histoire qui nous est ici contée. Tout cela pour dire que c'est dans ce même registre qu'il convient d'appréhender les intentions de ce Time Walker, non dupe de ce qu'il est : une petite récréation à l'humour décalé et aux excès assumés ; un choix couché sur pelloche de laisser un budget, variant de la série Z à tout juste B, tel qu'il est, en se moquant de paraître bas-du-plafond, de rester consciemment un pois chiche dans l'univers interstellaire de productions bien mieux budgétées mais aussi très souvent, et de fait, bien plus guindées.

On ne va pas se voiler non plus à l'égyptienne, le jeu sans grand relief des acteurs fait écho à la mise en scène platounette. Ils y sont juste potables, ce qui, soit, n'est déjà pas mal, mais il aurait été bienvenu d'y receler plus d'enthousiasme et d'engouement. Cela dit, si l'on peut blâmer la direction d'acteurs, on peut affirmer également que Ben Murphy, par exemple, avec son charisme de sous Michael Landon, n'a jamais brillé, ni vraiment fait illusion. Parmi les visages légèrement familiers, on citera aussi la présence de Nina Axelrod, vue dans Nuit de cauchemar deux ans avant ; celle de Richard Dysart, le Docteur Cooper du "The Thing" de Carpenter, ainsi (et pour finir) que celles de Kevin Brophy ("Hell Night") ou du plus connu Austin Stoker ("Assaut" de Carpenter).

 

 

Bref, Le Promeneur de l'éternité n'offrira pas un souvenir éternel, loin s'en faut, mais tout moyen qu'il soit (se reporter à ses prédictions astrologiques du moment, si vous décidez de le regarder afin de mieux apprécier sa compatibilité d'humeur), il ne méritera jamais le traitement infligé de force par ces consanguins robots des misérables MST3K (raté ! lol avec mes couilles dans vos gueules !).

Mallox

Vote:
 
6.00/10 ( 2 Votes )
Clics: 2081
0

Autres films Au hasard...