Dead One, The
Genre: Zombie , Horreur , Epouvante , Sorcellerie
Année: 1961
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Barry Mahon
Casting:
John McKay, Linda Ormond, Monica Davis, Clyde Kelly, Darlene Myrick, Lacey Kelly, Paula Maurice...
Aka: Blood of the Zombie (titre alternatif américain)
 

Quelque part en Louisiane : une femme blanche entourée de Noirs s'adonne dans un endroit pour le moment mystérieux aux incantations vaudou, avec les accessoires d'usage. Un homme en smoking, les cheveux longs, sorte de sosie d'Alice Cooper, sort de sa tombe et s'en va prendre l'air, se payant une petite balade dans la propriété.

 

 

Dans le même temps, à la Nouvelle-Orléans, John et Linda Carlton viennent de se marier. Ils comptent bien prendre le meilleur hôtel de la ville, histoire d'officialiser tout ça au lit et par tous les trous. Après avoir été danser dans l'un des night-clubs côté ville, sur le chemin de retour et en pleine nuit ils croisent une jeune femme, Bella, tombée en panne de voiture. Celle-ci ne sait du coup où dormir, d'autant qu'il est trop tard pour se mettre à réparer sa voiture. Il est décidé qu'elle l'amènera dans un garage le lendemain et, en attendant, John et Linda l'emmènent avec eux. Finalement, vu qu'il n'y a plus de place supplémentaire dans l'hôtel où ils pensaient passer la nuit, autant aller directement là où ils comptent s'installer définitivement. John a en tête de reprendre la riche propriété coloniale de la famille et d'y vivre avec sa femme. Après un bon bout de route, ils y parviennent. C'est là qu'on retrouve l'étrange prêtresse au boucles d'or du pré-générique : Monica.
C'est aussi là que les choses se corsent puisque John lui annonce tout de go qu'il souhaite reprendre la plantation familiale qui, par ailleurs, lui revient de droit vu qu'il est le dernier mâle de ladite famille. Mais cousine Monica ne l'entend pas de cette façon. Après une dispute avec John, elle fait mine d'accepter mais décide de se servir de ses dons pour le vaudou, de ressusciter les morts, son frère Jonas en premier lieu, pour qu'il lui serve de meurtrier par procuration...

 

 

The Dead One, alias Blood of the Zombie est le second et dernier film de la Mardi Gras Productions inc. juste après "Face of Fire" tourné par Albert Band en 1959, dans lequel on croisait Cameron Mitchell ainsi que (et surtout) James Whitmore en homme-singe, bien avant son rôle dans la célébrissime "Planète des singes" de Franklin J. Schaffner. L'opus vaudou/zombiesque qui nous concerne a une bien mauvaise réputation, tant et si bien qu'il est à ce jour oublié des encyclopédistes et parfois même absent des bases de données consacrées aux genres cités ci-avant. Est-ce justifié pour autant ? Pas vraiment.

Il est assez probable que le nom de Barry Mahon derrière la caméra parut rédhibitoire à certains, au minimum peu crédible pour qu'un tel film fasse partie des réussites des bobines illustrant la résurrection des morts. Un réalisateur qui, juste après The Dead One, se spécialise dans le nudie et autres petites bobines sournoisement cochonnes, sous couvert de thrillers ou de drames, genres auxquels on le rattache logiquement avec des titres de gloire tels que "Bunny Yeager's Nude Las Vegas" (1963), The Beast That Killed Women et son gorille terroriste, ou encore "Fanny Hill Meets Lady Chatterly" (1967), ce avant de clore sa carrière en illustrant de manière psychédélique et barrée les contes pour enfants écrits par Lyman Frank Baum (The Wonderful Land of Oz en 1969) ou Hans Christian Andersen ("Thumbelina" en 1970). Égard aussi à la modestie de son budget, qu'attendre de spectaculaire et de surprenant d'un tel trublion de la série B indépendante et fauchée ?

 

 

En vérité, et sans être une grande oeuvre du genre, The Dead One possède bien des qualités dont en premier lieu, un charme et une patine. Par la façon dont il tire parti de ces restrictions, il fait penser à ces petites séries B telles qu'on en faisait près de vingt ans avant, notamment au sein des studios de la Universal. Des franchises qui, soit, tiraient sur la corde, avec des monstres se transformant parfois en guides du routard mais qui, le temps passant, regagnent un peu de l'intérêt qu'on ne leur prêtait pas à leur époque : "L'Agent invisible contre la Gestapo" (Invisible Agent, 1942), "La malédiction de la momie" (The Mummy's Curse, 1944), "La Maison de Dracula" (House of Dracula, 1945), et autres "Frankenstein joue aux échecs à poil avec le loup-garou" (Frankenstein Meets the Wolf Man, 1943).
Des conditions de tournage assez similaires, avec les moyens du bord, n'hésitant pas à naviguer dans les eaux troubles de l'ellipse et de la générosité. La différence principale entre Blood of the Zombie et les Universal Monsters Films cités étant que celui du sieur Mahon est tourné en Eastmancolor. Un choix qui lui sied parfaitement, soit dit en passant.

 

 

Certes, les scènes, notamment dialoguées, semblent avoir été tournées en une seule prise. Certes encore, de la prise de son directe techniquement chiche, on entend le bois craquer en même temps que les pas des protagonistes ressortent de manière un brin outrageuse. Mais à condition de bien vouloir jouer le jeu, l'on fait vite fi de ces défauts. Par ailleurs, The Dead One peut se targuer, contrairement à bien d'autres pellicules, d'évoquer le contexte du vaudou, son histoire importée par les blancs eux-mêmes, fuyant les révoltes haïtiennes avec des esclaves alors déracinés, et ne fait montre d'aucun mépris envers la communauté noire et ses superstitions. Il y a même un véritable respect pour le peuple noir qui se manifeste d'entrée, le jeune couple blanc allant danser la calinda en plein Bourbon Street, sans se soucier qu'elle soit d'origine dominicaine. Au final, l'esprit du mal émane ici d'une blanche qui asservit ses serviteurs noirs à des fins de vengeance personnelle. De même pour le vaudou pratiqué uniquement pour tuer, jamais pour guérir ou apaiser. On peut de plus trouver une bonne gueule d'atmosphère à ce caveau familial qui sert de lieu cérémonial et d'où sortent les morts de leur tombe. Le zombie Jonas (Clyde Kelly, son seul rôle) se montre convaincant, autant de par son maquillage que par ses déambulations, et contribue à rendre l'ensemble distrayant et sympathique.

 

 

Aucun des acteurs ici présent n'a de longue carrière à faire valoir. Ils s'en sortent néanmoins de manière suffisamment correcte pour ne jamais faire tomber Blood of the Zombie dans la gaudriole tant convoitée par d'autres morts cérébraux, les nanarglandeux, et cette petite exploitation zombiesque signée Barry Mahon possède même quelques scènes d'épouvante qui, certes, ne font pas véritablement peur, mais distillent un climax et un réel plaisir pour l’oeil et pour les sens en général. Bref, il n'y a aucune raison de se montrer méprisant envers ce petit spectacle chiche mais tout compte fait séduisant et convivial.


Mallox

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