Devil's Angels
Genre: Bikesploitation
Année: 1967
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Daniel Haller
Casting:
John Cassavetes, Beverly Adams, Mimsy Farmer, Maurice McEndree, Leo Gordon, Russ Bender, Marc Cavell, Buck Taylor, Marianne Kanter, Kipp Whitman, Mitzi Hoag, Nai Bonet, Buck Kartalian, George Sims, Salli Sachse...
 

Avant "Easy Rider", après "Motor Psycho", et dans la lancée de "The Wild Angels", "Devil's Angels" est l'un de ces films faisant figure de "pionnier de la Bikersploitation".

Après avoir rôdé le genre l'année précédente avec "The Wild Angels", Corman, pour ce coup-ci, s’est donc laissé aller à en produire un, confiant à un Daniel Haller débutant (en unique bagage : "Le Messager du Diable"), la responsabilité de faire le plein. On y retrouve Charles Griffith au scénario, fidèle collègue de Corman, et John Cassavetes ("Rosemary’s Baby", ou encore "Les Douze Salopards") en leader du gang à moto.

A eux tous, Les Skulls, ils sont nombreux. Et "nombreux", cela veut dire qu'il y en a toujours un pour faire une connerie. En effet, après avoir renversé un passant, l'un d'eux prendra la fuite devant de nombreux témoins. Résultat des courses et pour éviter les bleus, les cylindrées devront partir à la recherche d’un autre bled à squatter.

 

 

De stations essence puantes en campements de fortune, ils arriveront alors dans un nouveau patelin ou ils se mettront très vite à leur aise: "Je bois, je vole, je drague, je fume, bref, je prends de la place". Laissant donc éclater une "joie de vivre"que tout le monde ne conçoit pas, le shérif aura bien du mal à les défendre vis-à-vis de certains réfractaires à cette nouvelle "population"des plus "dérangeantes".

Le même jour, un beau garçon "Made in Skull "rencontrera et partira en vadrouille avec une des mini-starlettes du comté. De bières en baisers, elle reviendra dans un si piteux état qu'on la croira violée. Voici donc l’alibi idéal pour convaincre le shérif de virer, à contrecœur, cette vermine en cylindrée.

Enfin, "cause toujours tu m'intéresses", Monsieur l'étoilé s’en prendra plein la tronche, comme beaucoup d'autres, un point c'est tout.

C'est donc (enfin!) au bout de trois bons quarts d'heure que le film prendra un tournant des plus intéressants.

 


Mais que c'est-il donc passé pendant ces quarante-cinq minutes?

Pas grand chose malheureusement. Même si elles sont filmées de manière inspirée et dotées d'une assez belle photographie, elles ressemblent plus à une chronique pas très prenante qu'à autre chose. Les personnages y sont esquissés, les enjeux se sont faits un malin plaisir de déserter, bref, on s'ennuie royalement avec les Skulls. D'ailleurs, il reste bien difficile de croire en eux puisque ni leur accoutrement et encore moins leur manière d'être ne sonnent juste: bien trop propres pour la plupart, le degré de virilité huilée exigée n'est ici pas du tout atteint. De ce fait, le film, dans sa première partie, perd son temps et semble s'adresser à un public passif, juste là pour se faire "berner"par une avalanche de clichés tous plus désagréables les uns que les autres.

A l'inverse, là où s'arrête le résumé un peu plus haut, tout devient plus clair, plus efficace, et plus intelligent. La cadence du film est doublée, et Daniel Haller, qui a décidé de ne plus tourner autour du pot, nous dévoile le personnage de Cody, chef de bande aux cheveux courts et aux idées bien à lui. Alors, même si John Cassavetes est, dans ce rôle, à côté de la plaque, il représente assez bien l'"opposition"au sein de la bande. Il semble en effet ne plus avoir les mêmes idéaux que ses amis, ni même ceux de sa compagne: il rêve d'une liberté plus VRAIE, annonçant de ce fait et sans le vouloir, les Peter Fonda et Dennis Hopper d'"Easy Rider". Le scénariste se trouve donc être quelque peu en avant-garde vis à vis de l'image du Outlaw Biker au cinéma, et on ne s'en plaindra pas.

Dans la même continuité, la scène finale est symbolique à bien des égards. Dans un élan de violence et de folie générale, les Skulls rompent le calme qui jadis régnait dans la ville. Cody, lui, leur tourne le dos, prêt à enjamber son engin. Les motards, hors de contrôle, incarnent ici les dérives à venir de la Bikersploitation qui, par la suite, aura trop tendance à assimiler ces nouveaux cow-boys à des abrutis passionnés par le vice, oubliant ce qu'ils sont à l'origine: des hommes libres buvant de l'Amérique en bière, et en quête de liberté absolue.

 


Bref, sur fond de Rock'n'Roll puéril mais sympathique dont la Title Song est interprétée par les Jerry and The Portraits, "Devil's Angels" est un bikersploitation aux idées que l'on pourrait qualifier de "bonnes", mais malheureusement pas grandement pensées. Au final, on a surtout l'impression que le producteur - ici Corman - est venu sur le tournage pour botter les fesses du réal' avant que tout ne tombe dans le "pas du tout crédible".

 

The Hard
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