Justicier de Boston, Le
Titre original: A Case of Deadly Force
Genre: Polar , Thriller , Drame
Année: 1986
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Michael Miller
Casting:
Richard Crenna, John Shea, Lorraine Toussaint, Francis X. McCarthy, Tom Isbell, Tate Donovan, Dylan Baker, Michael O'Hare, Anthony Heald, Elizabeth J. Fowler...
Aka: Un cas de force majeure (Générique VHS)
 

- Février 1975 : Une nuit, des flics embusqués dans leur bagnole s'apprêtent à arrêter deux vilains noirs. Ils sont accompagnés d'un journaliste. À peine le temps de chier sur les avocats, planqués peinards dans leurs cabinets à relâcher des racailles qu'eux s'échinent à faire enfermer que boum, l'un des blacks déboule, rentre dans sa voiture. Les flics en effervescence, nerveux, se ruent à l'extérieur. Un coup de feu retentit. Puis un autre. Le noir gît mort à son volant.

- Un an plus tard : La femme du défunt a porté plainte et ne cesse de clamer l'innocence de son mari qui, selon le journaliste présent, aurait carrément tenté d'écraser les flics. Selon la femme, ce sont deux policiers irlandais qui auraient abattu son mari, motivés par leur racisme.

 

 

C'est donc à partir de là que deux avocats, Lawrence O'Donnell et son fiston Michael, à la tête d'un petit cabinet, acceptent de plaider la cause de la femme et de démontrer que le décès n'est pas survenu dans un cadre de légitime défense. Le fiston n'est pas d'accord avec son paternel, jamais ce genre d'affaire n'a abouti, il s'agit d'une cause perdue. Selon le père, jamais une cause de ce genre n'a été gagnée parce que "jamais il ne s'est chargé de ce genre de cas".
À partir de là, Un cas de force majeure (titre apparaissant au générique de la VHS Fil à Film) se fait film tout à la fois enquête post-policière, c'est-à-dire que nos avocats la reprenne à zéro, et film à thèse. Autant la foi sur les méthodes policières, leur préjugés, leur racisme foncier, que sur la justice et son impartialité.

 

 

Le justicier de Boston (titre à la con quant à lui) évolue en terrain balisé mais n'est pas déplaisant pour autant. On est assez proche de certains films de Sidney Lumet et notamment "Serpico" mais aussi le très bon "Contre-enquête" qu'il tournera en 1990 avec son trio gagnant Timothy Hutton, Nick Nolte et Armand Assante.

Les révélations vont bon train et il s'avère assez vite que James Boden, la victime (?) a été tuée par derrière. De même, les témoins ayant identifié Boden l'ont reconnu après un second interrogatoire, et après la parution d'une photo dans la presse. De même, très vite, la version attestant que la voiture ait reculé brusquement est à plusieurs reprises remise en cause.

 

 

Le justicier de Boston souffre de raccourcis, de contours un peu grossiers et d'antagonismes faits de désaccords entre Papa Richard Crenna et son fifils John Shea. Ce dernier gesticule beaucoup et surtout beaucoup trop souvent ; quant aux désaccords, notamment en début de bobine, ils ralentissent une intrigue qui ne demande qu'à démarrer. L'idée en revanche amusante est que O'Donnell senior a plusieurs enfants, Billy (Tom Isbell), Kevin (Dylan Baker) et Lawrence (Tate Donovan), lesquels sont sollicités tour à tour. Un "Family Business" version avocatier en quelque sorte pour une famille pur sang irlandais, suspectée de racisme au départ et qui épouse la cause inverse. Les flics ont des gueules de voyous mais, ma foi, ne tombant pas dans l'ostracisme le plus simpliste là où une enquête fut finalement viciée pour une seule et unique raison : qui se soucierait de remettre en cause la culpabilité de nègres ?

Le racisme des flics incriminés ou de leurs défenseurs est hélas un peu trop mis en avant pour ne pas tomber dans la caricature. Les révélations semant le doute tombent à bon rythme mais de manière un peu trop facile si bien que très vite, on ne s'interroge plus sur l'aspect expéditif de la justice, on en est convaincu. L'intrigue y perd aussi en doutes et, très vite, la seule question qui subsiste n'est pas "La victime était-elle coupable ?" mais "Les O'Donnell vont-ils l'emporter ?". À partir de là encore, Un cas de force majeure poursuit son enquête à charge mais se transforme aussi en thriller, les flics incriminés devenant ouvertement menaçants et s'en prenant même physiquement au cadet des fistons de O'Donnell Sr. Inutile de dire qu'ils n'auraient pas dû et que cela va fissa faire redoubler d'ardeur nos avocats, confirmés ou en herbe.
La dernière ligne droite sera celle du prétoire...

 

 

Inspiré du roman autobiographique écrit par le fiston Lawrence O'Donnell Jr., interprété dans le film par Tate Donovan ("SpaceCamp", "Dead Bang" de Frankenheimer, "Argo" de Ben Affleck...), Le Justicier de Boston est réalisé de manière efficace par Michael Miller, responsable, entre autres, du "Tex Averesque" Horreur dans la ville (Silent Rage, 1982) avec le plus laid des légumes moustachus poilus de la galaxie : Chuck Norris. Une mise en scène classique, certes, mais solide. Celle-ci s'appuie, avec une belle économie de moyens, sur une reconstitution des années 70 convaincante.

Soit, tout cela fait également un peu "Club des cinq" mais les acteurs s'y montrent crédibles jusqu'à faire passer la pilule.
Richard Crenna (Le couloir de la mort, Le bateau de la mort, "Rambo", Leviathan, Jade...) bien sûr, mais aussi par ses rejetons John Shea ("Missing - Porté disparu", "Lune de miel", "Freejack"...), Tom Isbell (deux fois reporter chez Cameron, dans "Abyss" et "True Lies" - habitué aux seconds rôles, on ne l'a plus revu après 1994 et "Danger immédiat" de Phillip Noyce) et Dylan Baker dont c'est le premier rôle à l'écran avant d'en devenir accro et de continuer de les hanter encore à ce jour ("The Cell", "Trick'r Treat", "Fido", "Spider-Man 2 & 3"...).
En embuscade, Lorraine Toussaint qui donne au film des petits airs de Blaxploitation, en suppléant, la tête bien connue de Francis X. McCarthy (il planait encore récemment dans les hautes sphères d'"Interstellar"), et, dans les rôles des deux flics aux tronches aussi joviales que celles de Francis Heaulme et Émile Louis, Michael O'Hare ("C.H.U.D.", la série "Babylon 5"...) et Anthony Heald ("Le silence des agneaux", "Dragon rouge", mais surtout connu pour ses rôles dans les séries télévisées, notamment des apparitions dans "X-Files").

 

 

Le justicier de Boston, bien qu'alourdi par certains défauts dont une tendance à être trop démonstratif, se laisse bien voir. Évidemment, si un tel téléfilm est tourné sur les bases d'un fait réel, inutile de préciser l'issue de l'enquête puis du procès...


Mallox

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