Peur bleue 2
Titre original: Deep Blue Sea 2
Genre: Agressions animales , Aventures
Année: 2018
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Darin Scott
Casting:
Danielle Savre, Rob Mayes, Michael Beach, Nathan Lynn, Kim Syster, Jeremy Boado, Darron Meyer, Adrian Collins, Cameron Robertson...
Aka: Terreur sous la mer 2 (Québec) / Terreur sous la merde (Belgique)
 

Le milliardaire pharmacologue Carl Durant engage une biologiste spécialiste des requins, le Dr. Misty Calhoun, pour qu'elle donne son avis sur le comportement de cinq requins bulldogs génétiquement bidouillés. À peine arrivée sur place, le Dr remarque le comportement anormal de la femelle requin...

 

 

En 1974, lorsque Spielberg met en scène "Les Dents de la mer", il est loin de se douter qu'il est en train d'initier l'un des sous-genres les plus délirants du cinéma, la sharksploitation. Ce sous-genre binaire aura une gestation en deux temps : primo, directement après le film de Spielberg et de ses suites (qui ont alimenté le genre de manière conséquente), secundo, une bonne dizaine d’années plus tard lorsque - pour une raison encore assez obscure - la mode reprendra de plus belle. Ainsi, de l'écume sanglante du film de Spielberg, trois suites ont émergé dont "Jaws 3-D" (1983) et "Jaws: The Revenge" (1987), deux prolongements qui peuvent se vanter d'être aussi indigents et marrants que les ersatz qui suivront, La Mort au large (1981) de Enzo G. Castellari, restant ce qui s’est fait de mieux à cette époque. En 1999, Renny Harlin qui n'en rate pas une, réalise un film bourrin et musclé comme il en a le secret, "Peur bleue", une série B dotée d’un budget conséquent qui remporte par ailleurs un succès non négligeable. Le film de Renny Harlin engendrera la saga des Shark Attack (1999, 2001, 2002 et 2003) ainsi qu’une kyrielle de productions comme "Sharkman" (2001) ; "Spring Break Shark Attack" (2005) ; "Shark in Venice" (2008) ; "Shark Swarm" (2008) ; "Sharktopus" (2010) et ses suites : "Sharktopus vs. Pteracuda" (2014) et "Sharktopus vs. Whalewolf" (2015) ; "Jurassic Shark" (2012) ; "2-Headed Shark Attack" (2012) ; "Sharknado" (2013) et ses cinq suites ; "Ghost Shark" (2013) ; "Zombie Shark" (2015) ou "Sharkansas Women's Prison Massacre" (2015), une vague porteuse dont l'apothéose sera la sortie en 2018 de "The Meg" (En eaux troubles).

 

 

Histoire de surfer sur ce succès, la Warner sort directement en vidéo ce Peur Bleue 2, suite de "Deep Blue Sea", un projet qui a mis dix ans à prendre forme puis à se développer : prévu au départ comme une version requin de "Aliens", le film a vite revu ses ambitions à la baisse pour glisser lentement mais sûrement vers un remake bas de gamme du film de James Cameron. Avec un budget ridicule de 5 millions de dollars, le producteur / réalisateur Darin Scott ("Dark House") promène sa caméra dans les couloirs exigus de la base sous-marine qui se révèle, vous vous en doutez, bien moins impressionnante que l'originale. Le but est soi-disant de retrouver l'esprit du premier épisode ! Soyons honnête, Deep Blue Sea 2 et ses intentions initiales semblent s'être dissous dans un océan de poncifs déversés par un scénario dont la seule bonne idée est la présence d'une meute de bébés requins affamés qui n’est pas sans rappeler les fameux piranhas. Une idée qui donne lieu à ses meilleures séquences avec, par exemple, une proie humaine qui se cache dans une cabine de douche pour échapper au carnage et une autre qui s'accroche au tuyau du plafond tandis que les bébés requins tentent de lui bouffer le cul !
Pour le reste, Darin Scott se contente de reprendre des scènes du premier opus, comme le quidam trop près du bassin et qui, cette fois, n’y perd pas qu’un bras mais la tête ! Heureusement, Peur Bleue 2 nous réserve d’autres séquences gore du même acabit avec, notamment, un pêcheur démembré par les requins en préambule.

 

 

Le budget restreint de ce "direct to video" ne permettant pas d’embaucher de gros noms pour les coller au générique afin d’appâter une friture de spectateurs, le casting est essentiellement issu de la télévision et de la série B, voire Z.
À voir l'actrice et chanteuse Danielle Savre ("Jarhead 2", "Boogeyman 2") en combinaison de plongée, on comprend qu'elle a été choisie surtout pour ses deux gros talents ! À ses côtés, Rob Mayes (John Dies at the End, la série "Mistresses") n’est pas loin de faire passer Thomas Jane (le héros du premier opus) pour un membre éminent et très talentueux de l'Actors studio. Seul Michael Beach (des séries "New York 911" et "Les 100") réussit un tant soit peu à faire croire à son personnage.
Mis en chantier uniquement dans un but lucratif, le film de Darin Scott a réussi le tour de force à l’époque de se hisser dans les dix meilleures ventes de DVD et Blu-ray aux États-Unis, malgré un tsunami d'avis négatifs. Peur bleue 2 est comme une pêche au filet qui, au lieu de ramasser de la poiscaille, remonte du fond des mers un coffre rempli de dollars. Une pêche miraculeuse qui prouve que la mode des requins est loin d'être passée et que même les films les plus médiocres voire mauvais récoltent leur petit succès. Bref, amateurs de poissons, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

 

 

The Omega Man

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