John Dies at the End
Genre: Horreur , Comédie
Année: 2012
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Don Coscarelli
Casting:
Chase Williamson, Rob Mayes, Paul Giamatti, Clancy Brown, Glynn Turman, Doug Jones, Daniel Roebuck, Fabianne Therese, Allison Weissman, Jimmy Wong, Jonny Weston...
 

Que les amateurs de cuisine chinoise se méfient si un jeune rasta aux pouvoirs médiumniques leur propose de la sauce soja : c'est d'une drogue dont il parle, une drogue étrange et... vivante. Une drogue aux pouvoirs surpuissants capable d'ouvrir des portes sur des mondes parallèles et de libérer des créatures innommables, de défier le temps et d'acquérir des dons de télépathie et de voyance, de rencontrer l'horreur mais aussi de téléphoner avec un hot-dog...
De téléphoner avec un hot-dog ?
Oui, tout à fait, et c'est là qu'on voit à quel point la soy sauce que se sont injectés les deux héros du film, losers patentés et glandeurs invétérés, diffère des autres produits hallucinogènes sur le marché. Et l'on se dit que l'auteur du livre John Dies at the End, c'est-à-dire David Wong (pseudonyme de Jason Pargin), et celui de son adaptation filmée, à savoir Don Coscarelli, ont dû y goûter aussi pour plonger dans de tels délires et délices défiant toute vraisemblance.

 

 

David Wong, donc, est un jeune désoeuvré capable de traîner sur son canapé jusqu'à pas d'heure mais qu'on découvre en train de décapiter un type dans la neige avec une hache bon marché. Type qui reviendra ensuite après avoir recousu sa tête pour embêter le pauvre Dave et goûter à nouveau de sa hachette. Mais Dave a aussi envie de raconter son histoire et c'est pour cela qu'il reçoit dans un restaurant chinois un journaliste dubitatif, Arnie Blondestone, qui se laisse peu à peu convaincre de la véracité de ses dires, tout comme le spectateur, à coups de flashbacks, d'ellipses et autres bouffées délirantes.
Un monstre à base de viande congelée, des trucs dentés et agressifs, un Docteur Marconi qui "voit la vérité" (en français à l'image), une petite fille à l'oeil crevé, une moustache volante, un curé sataniste, des types masqués au service d'une créature géante et gourmande, des explosions de crânes, un chien fidèle, une femme à la main amputée, une drogue-mouche, des êtres invisibles, un supermarché fantôme, tout participe à une plongée hallucinatoire dans le monde de Dave, paumé au cerveau camé. A moins que tout ceci ne soit vrai ?

 

 

Beaucoup d'humour dans ce film de Coscarelli (auteur, faut-il le rappeler, des excellents Phantasm, Kenny and Co, Bubba Ho-Tep et du sympathique Dar l'invincible), dès les premières minutes d'ailleurs, où les propos de Dave en voix-off, viennent contrecarrer la violence de ses actes (pour rappel : une décapitation à la hache). On nage constamment dans une réalité faussée par les effets des drogues, une réalité qui est celle de Dave, puisque c'est lui qui la raconte et qui la vit, et donc une marche funambulesque sur un fil invisible séparant notre monde du sien, ou plutôt des siens.

Dave vit ses aventures avec son ami John, qui meurt à la fin d'après le titre du film, mais en fait non, puisqu'il meurt bien avant, sauf qu'il n'est pas mort et qu'il est même capable de téléphoner à Dave depuis chez lui alors qu'il est pourtant assis sur la banquette d'en face au restau chinois, tout en se faisant pourchasser par une araignée ( ?) agressive et géante et d'appeler à l'aide sans oublier de se passer à lui-même le bonjour par le truchement de Dave... Si c'est un peu confus, c'est normal, ce qu'on voit à l'écran est en permanence parasité par des échos irrationnels venus d'ailleurs ou des apparitions soudaines et parfois maléfiques. Amateurs de linéarité, passez votre chemin.
Free your mind and your ass will follow, chantait Funkadelic : ici, la libération des esprits par la drogue envoie tout cul par-dessus tête et, tandis que des petites lumières rouges se mettent à clignoter dans votre cerveau (serais-je en train de devenir fou ?), John et Dave poursuivent leur périple dans un monde qui leur est propre.

 

 

Très bonne surprise, donc, que ce John Dies at the End, dont l'enchevêtrement de séquences incongrues et souvent absurdes fonctionne parfaitement bien, huilé à la sauce soja et bénéficiant d'un casting sur mesure. Si les deux héros sont parfois un peu lisses et pâlots, ils le doivent aussi à leur abus de substances illicites et à leur incompréhension devant certaines visions. Les seconds rôles, en revanche, sont tous formidables, de l'excellent Paul Giamatti ("Sideways", "American Splendor", et beaucoup d'autres) dans le rôle du journaliste découvrant peu à peu l'inimaginable, au non moins bon Clancy Brown (l'inoubliable Kurgan d'"Highlander") interprétant un gourou-voyant adepte des shows et des pubs télés mais aux pouvoirs vraiment surnaturels, en passant par Daniel Roebuck (Halloween 2, entre autres) leader d'une secte masquée aux services de... Korrock ( !), Doug Jones (Hellboy mais aussi "Gainsbourg, vie héroïque") en messager d'un monde parallèle ou Glynn Turman (Gremlins, "Super 8") en flic rédempteur décidé à refermer les portes de l'enfer.

De l'horreur avec même quelques scènes bien sanglantes, des visions, apparitions, intrusions de démons et autres créatures infernales, beaucoup d'humour distillé savamment tout au long du métrage, ce John Dies at the End est une réussite de plus pour Coscarelli, décidément adepte d'un cinéma sortant du lot et n'ayant pas peur de pousser son sujet jusque dans ses ultimes retranchements. A voir, donc, et sans faire usage de psychotropes, bien inutiles au vu de ce qui se déroule à l'écran.

 

 

Bigbonn

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