Plaisir à trois
Genre: Erotique
Année: 1973
Pays d'origine: France
Réalisateur: Jess Franco
Casting:
Alice Arno, Robert Woods, Tania Busselier, Lina Romay, Howard Vernon, Alfred Baillou...
Aka: Les Inassouvies 2 / How to seduce a Virgin
 

Martine et Charles Bressac forment à première vue un couple modèle. Ils sont beaux, riches (mais c'est Madame qui possède les cordons de la bourse) et vivent dans un luxueux manoir quelque part sur la côte méditerranéenne (Espagne, Portugal ?). Néanmoins, la réalité est toute autre. Martine est folle, et vient de passer une année entière dans un asile psychiatrique. Il faut dire que la jeune femme, peintre et sculpteur à ses heures, est sujette à de fortes pulsions homicides liées au sexe. Castration d'amants de passage et meurtres de quelques maîtresses font ainsi partie intégrante de ses loisirs. Auxquels il faut rajouter son "atelier" personnel, situé dans les souterrains du manoir, une sorte de chambre de tortures, de musée des horreurs dans lequel Martine a sculpté avec un réalisme effrayant ses victimes, dans des attitudes de souffrance et d'humiliation fort saisissantes.
En toute logique, Madame Bressac aurait dû rester internée bien plus longtemps, mais sa fortune a servi à graisser la patte du juge et du médecin. Là voilà donc de retour dans le domaine familial, où elle retrouve Charles, ainsi que le personnel domestique, composé de Mathias, chauffeur et majordome, Malou, un jardinier nain et bossu, et enfin Adèle, la soubrette muette et à moitié débile, mais très portée sur le sexe. Tout ce beau monde n'ignore rien des exactions de Madame, mais semble n'en avoir cure, et ferme les yeux. Quant à Charles, il est en fait complice, et va même jusqu'à lui chercher de nouvelles victimes. La dernière en date s'appelle Cécile, fille de diplomate, très jolie, la vingtaine... Apparemment une proie idéale. Le plan consiste à la charmer, la séduire, la corrompre, la réduire en esclavage, en objet sexuel soumis dans la souffrance, jusqu'à une mort inéluctable. Mais Cécile est-elle aussi innocente qu'elle en a l'air ?

 

 

On connaît l'intérêt que voue Jesus Franco pour le Marquis de Sade, puisqu'il a réalisé entre 1968 trois films directement inspirés de l'oeuvre de l'écrivain : "Justine les Infortunes de la Vertu", "Eugenie the Story of her Journey into Perversion" et "Eugenie de Sade". Beaucoup moins connu est ce Plaisir à Trois, qui fut également nommé Les Inassouvies 2, l'un des titres d'exploitation de "Eugenie the Story..." étant "Les Inassouvies".
Plaisir à Trois est une nouvelle adaptation sadienne, dans laquelle on retrouve tout l'éventail de pratiques érotiques chères à l'écrivain... et au réalisateur : libertinage, voyeurisme, exhibitionnisme, sadomasochisme, triolisme. Dans le rôle du couple pervers, on retrouve Alice Arno et Robert Woods, particulièrement bien dirigés et qui jouent un cran au-dessus par rapport à leurs prestations habituelles dans les films de Franco. Face à ce duo machiavélique, "l'innocente" Cécile est incarnée par Tania Busselier, que l'on retrouvera dans La Comtesse Perverse et quelques années plus tard dans "Ilsa Ultimes Perversions". L'actrice est une habituée du cinéma érotique, soft avec Jess Franco, hard avec Jean Rollin ("Douces Pénétrations"), et Lasse Braun ("Sensations").

 

 

Le rôle du majordome est une fois de plus dévolu à Howard Vernon. Quant à Lina Romay, elle compose une soubrette débile mais sex-addict (comme toujours). Enfin, notons la présence d'Alfred Baillou, le nain bossu, que l'on avait pu voir notamment dans Morgane et ses Nymphes de Bruno Gantillon, et "La Main Noire" de Max Pecas.
Plaisir à Trois n'est pas la meilleure adaptation de Sade qu'ait réalisé Jess Franco, mais le film n'en est pas pour autant inintéressant. Malgré des défauts récurrents au metteur en scène (scènes trop longues, gros plans quasiment flous, musique incongrue, etc...), l'histoire est pas mal ficelée, avec un coup de théâtre final plutôt bien amené, parfaitement immoral, mais tout à fait sadien dans l'esprit. Quelques scènes ressortent du lot, comme le musée de Martine, et surtout la soirée au manoir filmée avec un filtre rouge, où les protagonistes se livrent à un jeu de la soumission dans lequel les règles n'ont pas de limites.
Bref, Plaisir à Trois mérite le détour, même s'il est loin d'être parfait. Sortira-t-il un jour en dvd ? Rien n'est moins sûr. Dommage, car la vhs éditée en son temps par Luxe Video n'est plus en circuit depuis des lustres. Et puis, il faut avouer que sa jaquette, sans rapport avec le film, évoquait davantage un porno de troisième zone. Sinon, le film est sorti chez nous en juin 1974. Comme toujours pour les oeuvres de Franco, "La Saison Cinématographique" éreinta sans vergogne Plaisir à Trois.

 

 

Note : 6,5/10

 

Flint

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