SAS à San Salvador
Genre: Espionnage
Année: 1982
Pays d'origine: France / Allemagne
Réalisateur: Raoul Coutard
Casting:
Miles O'Keeffe, Sybill Danning, Anton Griffith, Raimund Harmstorf, Dagmar Lassander, Catherine Jarrett, Corinne Touzet...
Aka: S.A.S. Malko, im Auftrag des Pentagon
 

Dans son château de Liezen en Autriche, le prince Malko Linge coule des jours tranquilles, heureux de jouir de la vie au cours de réceptions fastueuses ou bien dans les bras de sa fiancée, la comtesse Alexandra. Un soir, un appel téléphonique vient interrompre leurs étreintes. Et le prince Malko doit redevenir S.A.S., agent spécial de la C.I.A. Pour une difficile mission au Salvador: neutraliser Enrico Chacon, envoyé de la C.I.A. qui a mal tourné et qui profite de la situation de ce pays pour imposer sa propre loi. Voilà donc S.A.S. qui arrive quelques jours plus tard à l'aéroport de San Salvador et fait aussitôt la connaissance de quelques personnages-clefs : Maria Luisa Delgado, la maîtresse de Chacon, puis Rosa, une jeune fille qui mène l'agitation étudiante, et enfin Helena, une ex-amie de Chacon qui peut constituer un contact utile. Mais dès le lendemain, S.A.S. la retrouve assassinée. Pour parvenir jusqu'à Chacon afin de tenter de le convaincre avant d'utiliser la manière forte, il s'adresse à un certain Martinez dont la nièce se montre particulièrement coopérative. Mais là aussi tout se termine dans le sang au moment où Martinez tentait de fuir à Miami. Provoqué par les hommes de Chacon, malmené par les étudiants parce qu'on l'a vu en compagnie des militaires, S.A.S. ne sait plus comment mener à bien sa mission. C'est Rosa qui va l'aider, persuadée maintenant, après en avoir longtemps douté, que S.A.S. peut agir d'une façon qui lui est favorable, c'est-à-dire en éliminant Chacon. Ainsi, grâce à elle, S.A.S. découvre la villa de son redoutable adversaire. Il y pénètre après avoir éliminé l'ambassadeur des U.S.A. devenu complice de Chacon. Et là, il livre à son ennemi un duel au pistolet...

 


Avec prés de 170 numéros publié à 200.000 exemplaires chacun, qui se vendent presque aussi vite qu'ils sont écrits, la série des SAS est l'une des plus rentable dans le monde de l'édition. La recette d'un tel succès est toute simple, sexe et ultra violence, le tout dans des décors exotiques avec pour toile de fond une histoire de préférence en phase avec l'actualité (les dernier romans parlent de l'Irak, l'Al quaida...). Les initiales SAS ont une double référence : d'abord au statut du personnage (qui est prince) Son Altesse Sérénissime et à la fameuse unité de combat britannique Special Air Service. Surement jaloux du succès cinématographique d'un certain agent secret britannique, de Villiers se dit qu'il serait temps de tenter l'aventure cinématographique. Pour se faire les dents il produisit deux pittoresques et guignolesques épisodes des "Brigades Mondaines" (autre série à succès des romans de gare) avant de sortir en 1982 la première aventure de son agent fétiche. Le montage financier ne dut pas être trop compliqué, le film s'étant surement déjà vendu avant le premier clap. Pour interpréter le fameux agent, les producteurs choisirent le bellâtre mais musclé (ah le petit maillot rouge au bord de la piscine) Miles O'Keeves, qui venait de débuter sa carrière dans le rôle de Tarzan au côté de la sculpturale mais éphémère Bo Derek. Le brave Miles se retrouvera bien vite à l'affiche d'innombrables séries B (voir Z) dont la série des "Ator" de Joe d'Amato.

 


Malheureusement la réalisation échoie au français Raoul Coutard, honorable chef op mais piètre réalisateur, comme le prouve son film précédent, le soporifique "La Légion saute sur Kolwezi", un film de guerre raté. Jamais le réalisateur français n'arrive à insuffler à son film le moindre rythme (on a l'impression que Miles O'Keeves se déplace au ralentit), ratant systématiquement toute ses scènes d'actions, à l'image de cette incroyable et poussive poursuite en voitures, à se demander si il existait une seconde équipe. SAS se ballade nonchalant dans un San Salvador de pacotille (le film est tourné à Porto Rico) qui ressemble plus à une annexe du Club Med peuplée de jolies filles bronzées qu'à un quelconque état policier contrôlé par une junte militaire. Et ce n'est pas en ajoutant à la bande son des coups de feu et des explosions chaque fois que les personnages sont à l'extérieur qui va arranger les choses. On est bien loin d'un film d'Oliver Stone. Notre agent voyage donc de sa chambre d'hôtel à la piscine la plus proche puis à la boite de nuit branchée du coin, entre deux flirts il essaye vaguement de remplir sa mission mais il est tellement lourdaud que cela en devient jubilatoire, chacune de ses tentatives étant vouée à l'échec. Il réussira pourtant à obtenir gain de cause en pénétrant dans la villa du méchant avec tellement de facilité qu'on se demande encore pourquoi il a attendu si longtemps. Il s'ensuit un duel au milieu d'une série de miroir répartis dans la villa (scène copiée notamment dans "Opération Dragon", mais surtout dans "la Dame de Shanghai") qui met enfin un terme aux exactions du méchant et à cet incroyable objet filmique.

 


Si vous ne l'aviez pas encore compris nous sommes en face d'un bon gros nanar bien juteux, résultat d'une co-production hasardeuse (les teutons produisent tout et n'importe quoi). Miles O'Keeffe est aussi charismatique qu'une moule (ce n'est pas gentil pour le sympathique mollusque je sais !) et Anton Diffring cachetonne dans son éternel rôle de traitre (mince je viens de dévoiler l'un des noeuds de l'intrigue), le reste du casting masculin étant exclusivement composé de "gueules" bas du plafond et excitées de la gâchette, ce qui n'est guère gentil envers la population locale. Heureusement il reste une pléiade de nymphettes qui virevoltent autour du héros et qui se retrouvent la plupart du temps nues, ce qui donne par moment l'impression de feuilleter une de ces revues de charme sur papier glacé. Parmi toutes ces beautés les amateurs reconnaîtront la pulpeuse autrichienne Sybil Danning, qui se trouvait à l'époque au sommet de sa beauté et de sa gloire, et qui l'année suivante allait enchainer "les Anges du Mal" et "Hercule", deux films qui allaient encore la confirmer dans son rôle de reine de la série B. Autre visage connu, la rousse et tchécoslovaque Dagmar Lassander qui fit une belle et éclectique carrière en Italie, alternant tous les genres du cinéma populaire italien des années 70/80 (érotique, policier, comédie, horreur...). Ce qui lui permit d'avoir un très beau palmarès dans lequel figure entre autre "Hatchet For The Honeymoon" - 1969, "Forbidden Photos Of A Lady Above Suspicion" - 1970, "The Iguana With The Tongue Of Fire" - 1971, "Werewolf Woman / La Louve Sanguinaire" - 1976, "The House By The Cemetery / la Maison prés du Cimetiére" - 1976, "Black Emmanuelle 2" - 1976, "Inspecteur Bulldozer" - 1978 ou "Le Chat Noir" - 1981. Pour les pervers et les amateurs de curiosités on aperçoit aussi dans un rôle assez court la française Corinne Touzet bien avant de devenir "Une Femme d'Honneur". Cette escouade de jolies filles (et surtout la belle Sybil) est le seul intérêt de ce film insipide mais heureusement involontairement drôle (on dirait une de ces fameuses saga de l'été), ce qui n'empêchera pas De Villiers de récidiver en 1989 avec "Eye of the Widow / L'oeil de la Veuve", autre déconvenue signée cette fois par le vétéran Andrew Mac Laglen avec Richard Young dans le rôle titre.

 

 

The Omega Man
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