Tarzan aux Indes
Titre original: Tarzan Goes to India
Genre: Aventures , Exotisme
Année: 1962
Pays d'origine: États-Unis / Royaume-Uni
Réalisateur: John Guillermin
Casting:
Jock Mahoney, Leo Gordon, Jai, Mark Dana, Feroz Khan, Simi Garewal (Simi), Murad, Jagdish Raj, Gajendra...
 

Appelé à l'aide par un maharadjah, Tarzan se rend en Inde. On lui explique que la construction prochaine d'un barrage, sous l'égide de l'ingénieur O'Hara, va provoquer l'inondation d'une vallée où vivent de nombreux troupeaux d'éléphants. On lui demande de faire l'impossible pour éloigner les bêtes. Aidé par la fille du maharadjah, Tarzan passe à l'action. Très vite, il s'oppose au chef des travaux, Brice, qui veut l'empêcher d'évacuer les animaux. Avec l'aide de Jaï, un jeune garçon de la jungle, Tarzan parvient à déjouer les pièges que lui tend Brice...

 

 

Suite de "Tarzan le magnifique", Tarzan aux Indes précède "Le défi de Tarzan". Le premier est signé Robert Day et Tarzan est campé par Gordon Scott (doublé par Jean Amadou dans la version française). On y trouve dans le second rôle principal, celui donnant à la réplique à notre homme-singe, l'acteur-cascadeur Jock Mahoney. Depuis le milieu des années 50 et "Tarzan chez les Soukoulous", c'est donc Gordon Scott qui avait endossé "le costume" de Tarzan. Sauf que Gordon Scott, lui, en ce début des années 60, se voit proposer des contrats aux filons plus juteux dans un genre très en vogue, le péplum. Maciste contre le fantôme et Le Géant à la Cour de Kublai Khan attestent de sa popularité dans le genre et tout particulièrement sur Psychovision. Du coup, c'est Jock Mahoney qui se voit propulsé Tarzan et tient donc la vedette de cet opus-ci. Il tournera peu après un autre Tarzan, "Le Défi de Tarzan", avec de nouveau aux manettes Robert Day, puis sera à nouveau "civilisé" pour la série "Tarzan", tournée entre 1966 et 1968, participant à 3 des 57 épisodes de cette série dans laquelle Tarzan est alors campé par Ron Ely (*). Tous les titres cités sont alors produit par Sy Weintraub.

 

 

Quant au réalisateur britannique John Guillermin, certes on le connait bien, notamment pour sa "Tour infernale", pour son "King Kong" ainsi que pour l'étonnant "Le Crépuscule des aigles", mais aussi pour "El Condor" ou Shaft contre les trafiquants d'hommes (si l'on veut se montrer vache sacrée, on pousse jusqu'à "Sheena, reine de la jungle" et "King Kong 2"), mais c'est un réalisateur déjà expérimenté, tournant au Royaume-Uni depuis le début des années 50 ("Traqué par Scotland Yard", "Contre-espionnage à Gibraltar", "Le Jour où l'on dévalisa la banque d'Angleterre"). Du reste, ce n'est pas son premier Tarzan puisque, en 1959, lui était déjà confié la réalisation de "La plus grande aventure de Tarzan", dans lequel on trouvait d'ailleurs le jeunot Sean Connery (qui retrouvera la jungle, alors embourgeoisé jusqu'au cou, pour geindre après John McTiernan et le manque de confort sur le tournage de "Medicine Man").

Au final, Tarzan Goes to India possède un certain charme, celui du Serial notamment. Mais il faut bien admettre que tout cela n'est guère palpitant. Il commence toutefois par une séquence étonnante : Tarzan est amené en Inde par avion, façon commande express Amazon par un maharadja, pour être lourdé en plein vol, comme un colis jeté à la va-comme-je-te-pousse dans l'un des affluents du Gange. Passé l'aspect rigolard du préambule, on regrette qu'aucun crocodile ne l'attende les yeux tournés vers le ciel, la gueule ouverte.

 

 

Mais c'est ensuite (et donc assez rapidement) que ça se gâte. Dès qu'il rencontre Jai, le jeune garçon avec qui il est voué à faire la paire pour combattre les méchants constructeurs de barrage, Tarzan aux Indes devient un film trop enfantin. Chose d'autant plus dommage qu'on y trouve avant l'heure, et surtout bien avant l'horrible "Tarzan" de 2016 avec Alexander Skarsgård, un discours environnementaliste assez surprenant. Le film, d'une assez courte durée (84 minutes) ne manque cependant pas de péripéties : on a bien Tarzan qui se retrouve nez à nez avec un cobra avant qu'une mangouste ne vienne s'en mêler ; un Tarzan attaqué par un léopard, un Tarzan à qui on tend un guet-apens dans un passage très "western" (merci à ce bon Leo Gordon d'exister, excellente ordure de second plan !), une baston entre deux éléphants renvoyant à des bastons du "Monde perdu" de 1925, notamment celle entre deux tricératops, ou bien King Kong qui en découd avec un Tyrannosaurus rex puis, enfin, une charge d'éléphants, qu'on a vu venir dès le début...
Parmi les faits notables encore, Tarzan s'emmêle les pinceaux dans une liane et finit pendu par un pied. La mise en scène de Guillermin a beau être solide, Tarzan Goes to India ne dépasse jamais son petit cahier des charges. L'ensemble n'étant pas ennuyant, on peut même évoquer son sentiment, celui, un peu paradoxal, d'assister à un film d'aventures reposant.

 

 

Restent, outre le petit dépaysement, les présences assez singulières pour l'époque d'acteurs qui n'ont, ni avant ni après, jamais franchi la frontière du cinéma bollywoodien. Le Bangalorien Feroz Khan, en prince, ou encore Murad en maharadja, furent des acteurs très populaires dans leur pays. Murad rejouera dans un Tarzan, mais dans une production Hindi ("Tarzan and Hercules", 1966). À noter enfin que c'est le second rôle de Simi Garewal, ici en princesse. Celle-ci était alors résidente londonienne, sa famille ayant migré en Angleterre en 1953 pour retourner dès 1961 en Inde où Simi fera une très conséquente carrière comme actrice. Elle créera même la controverse en apparaissant nue en 1972 dans "Siddhartha", adapté d'un roman de Hermann Hesse.

Quant à Tarzan lui-même, campé par Jock Mahoney, acteur né à Chicago mais d'ascendance française, irlandaise et cherokee, c'est peu dire qu'il fait bien pâle figure en milieu exotique avec, en plus à son actif, trois cris de crécelle au compteur, à faire passer Johnny Weissmuller pour King Kong (les mauvaises langues d'alors contractaient même son nom avant d'aller poinçonner leur ticket de tiercé). Cela dit, Mike Henry qui lui succèdera pour "Tarzan and the Valley of Gold", "Tarzan et le jaguar maudit" et "Tarzan et l'enfant de la jungle", ne fera guère d'étincelles non plus.

 

 

Mallox



En rapport avec le film :

(*) Produite par le même Sy Weintraub, la série Tarzan (1966–1968) a vu passer des réalisateurs plus ou moins connus parmi lesquels on peut citer, outre Barry Shear ("Meurtres dans la 110ème rue", "Le shérif ne pardonne pas" mais aussi un segment de bon augure de Night Gallery), le vétéran George Marshall ("Le dahlia bleu"), Earl Bellamy (Justice sauvage 2, La folle cavale), William Wiard (Tom Horn), Harmon Jones ("Gorilla at Large"), ainsi que Robert Day que l'on connait pour "Corridors of Blood", Le Pionnier de l'espace ou "La déesse de feu" mais qui est aussi un véritable habitué des Tarzan des années 60. On lui doit "Tarzan le magnifique" (1960) et "Le défi de Tarzan" (1963), tous deux cités dans la review, mais aussi "Tarzan and the Valley of Gold" (1965) et "Tarzan et le jaguar maudit" (1967).
Quant à la présence de William Witney (six épisodes), elle atteste de l'esprit "serial" évoqué plus haut. Un réalisateur dont il est bon de rappeler en passant quelques titres évocateurs : Le Retour de Zorro, Zorro's Fighting Legion, Fighting Devil Dogs, Daredevils of the Red Circle, Drums of Fu Manchu, Adventures of Captain Marvel, Jungle Girl... On lui devra plus tard une blaxploitation déroutante, Darktown Strutters.
Alex Nicol, réalisateur ("The Screaming Skull", The Night God Screamed, "Point of Terror") mais aussi acteur à ses heures ("Pour un whisky de plus", "Bloody Mama", ou encore "King Kong revient" (Ape) de Paul Leder) reste celui qui a mis en scène le plus grand nombre d'épisodes, dix en tout. Son dernier film comme réalisateur sera d'ailleurs "Tarzan and the Perils of Charity Jones", toujours avec Ron Ely.

On y retrouvera des acteurs de divers Tarzan de ces années là. Outre Jock Mahoney déjà mentionné pour cela en début de chronique, on y croisera Leo Gordon ici-présent mais aussi Manuel Padilla Jr. ("Tarzan and the Valley of Gold" et "Tarzan et le jaguar maudit", 55 épisodes), Woody Strode ("Le défi de Tarzan", 8 épisodes). Une série où sont aussi passés des noms pas mal prestigieux comme James Earl Jones, Strother Martin, Maurice Evans, Julie Harris, Sam Jaffe, Andrew Prine, Sally Kellerman, George Kennedy, Michael Dunn, Robert Loggia, John Vernon, Jack Elam, Yaphet Kotto, Barbara Bouchet, Neville Brand, Russ Tamblyn, Brock Peters, Ralph Meeker, Henry Silva...

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