Folle cavale, La
Titre original: Speedtrap
Genre: Polar , Action
Année: 1977
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Earl Bellamy
Casting:
Joe Don Baker, Tyne Daly, Richard Jaeckel, Robert Loggia, Lana Wood, Morgan Woodward...
Aka: La grande Cavale / La poursuite infernale (Canada) / Speed Interceptor III (Italie) / New Vanishing in 60s: Speedtrap (Japon) / La tantouze galope (Belgique)
 

Pete Novick (Joe Don Baker), un privé loin d'être un enfant de cœur, connu du reste des services de police pour ses "écarts de conduite", est engagé par une compagnie d'assurance pour arrêter un insaisissable "Roadrunner", celui qu'on surnomme Fantômas (en tout cas dans la VF) ; ce dernier fait quant à lui figure de spectre vêtu de noir, spécialiste en électronique, impénitent voleur en série de voitures de luxe dont même les policiers font les frais à le pourchasser sans cesse et surtout sans succès.
Quand, en plus, des millions se trouvent dans le coffre d'une voiture volée, le chef de gang mafieux Spillano (Robert Loggia) voit rouge et met lui aussi tout en œuvre pour le choper. Pire encore, vu qu'il s'agit de drogue qui, si elle était découverte, mettrait à mal les accointances de la police avec ce dernier ! Et pour cela, quoi de plus logique que de suivre le sieur Novick. Dans les rangs de la police, le capitaine Hogan, mouillé jusqu'au cou, fait donc une drôle de gueule (Morgan Woodward), tandis que Niffty Nolan (Tyne Daly), l'une de ses jeunes recrues et ex petite amie de Novick, n'a de cesse d'aider le détective malgré que ce dernier ait une fâcheuse tendance à ridiculiser les flics...

 

 

C'est Earl Bellamy qui tourne en 1977 ce Speedtrap, petite bobine indépendante mettant en scène un Joe Don Baker semblant enfler de film en film, acteur que Bellamy n'a pas croisé dans Walking Tall : Part II, suite de Justice sauvage, son rôle ayant été troqué au profit de Bo Svenson. Un réalisateur qui, à la base, est surtout assistant ("L'aigle des sables", mais aussi sur des classiques "Le violent", "Comment l'esprit vient aux femmes", "Tant qu'il y aura des hommes"...) jusqu'au milieu des années 50 où il se dévoue dès lors principalement aux séries télé avec, pour les plus connus, "Lassie", Les monstres, "Le Virginien", "Max la menace", "Mon ami Ben"...). Il lui arrive néanmoins de temps à autre de trouver les fonds nécessaires et de tourner ainsi pour le grand écran : dans un premier temps de petits westerns de série B mettant en scène des acteurs alors de second plan tels que George Montgomery, Jim Davis, Neville Brand, Doug McClure, Martin Landau etc. genre qu'il n'abandonnera jamais vraiment puis, après "Munster, Go Home!" (1966) qui n'est rien d'autre que l'adaptation pour grand écran de la série Munster citée juste avant, de petites productions indépendantes surfant sur quelques succès en cours et en grande partie sur les films de courses et de poursuites. Ainsi le verra-t-on diriger, entre deux westerns, "Sidecar Racers" en 1975, "Sidewinder 1" en 1977, tous deux situés dans le monde des courses de moto-cross, ainsi que Justice sauvage 2, lequel faisait la part belle à quelques poursuites et carambolages en plus d'intégrer des éléments qu'on retrouve dans Speedtrap : une mafia aux trousses du héros ainsi que la présence de l'incontournable Richard Jaeckel qui remet ici le couvert en acolyte technicien de Pete Novick.

 

 

La folle cavale se situe finalement à la croisée des chemins entre La grande casse (I & II) et l'excellent Larry le dingue, Mary la garce. Il fait également penser par moments à ce qu'on aurait pu trouver dans l'un des épisodes de la célèbre série "Starky et Hutch", et pour cause : outre son aspect humoristique basé sur des situations et réparties ironiques, on retrouve Joe Don Baker au volant d'une Dodge Charger repeinte à la manière de la Gran Torino de la célèbre série dont, soit dit en passant, Earl Bellamy en tourna plusieurs épisodes. A titre d'information routière, et histoire d'appuyer sur ce même champignon, Joe Don Baker est doublé, pour son exploitation française, par la voix goguenarde de Jacques Balutin. Autant dire que si l'occasion se présente de le découvrir, grâce, par exemple, à la VHS éditée chez Fil à Film, vous ne serez pas surpris de l'esprit et le ton qu'emploie cette Folle cavale (qui n'a de rapport avec la pédale que celle de freins, contrairement à ce que ce son titre français le laisse supposer).
Un Speedtrap, certes pas déplaisant le temps d'un regard dans le rétro, mais dans l'ensemble assez anecdotique, trop bon enfant et trop peu ambitieux pour prétendre dépasser l'excellente bobine de John Hough, ni même se ranger en double-file à ses côtés.

 

 

Sans jamais passer la vitesse supérieure, Speedtrap pratique l'humour bas de caisse (certaines scènes restent amusantes, comme celle où Don Baker, après que sa voiture se soit flinguée contre une autre, envoie un flic prendre des nouvelles de l'autre conducteur embouti, pour finalement filer avec la caisse du flic), et est surtout l'occasion de passer un moment autant distrayant qu'oubliable en compagnie de têtes connues : on ne présente plus Richard Jaeckel, figure incontournable du cinéma de Robert Aldrich mais pas que (voir les papiers à propos de Bataille au-delà des étoiles, The Outfit, Chosen Survivors, Justice sauvage 2 : La Revanche, Grizzly, Mako : The Jaws of Death, Day of the Animals, Blood Song) ici dans un rôle plutôt attachant d'ami et de technicien de notre détective borderline ; Tyne Daly, figure sympathique, qui sortait juste de "L'inspecteur ne renonce jamais", opus de Dirty Harry tourné par James Fargo, ce avant de récidiver dans "Un espion de trop" de Siegel. Nombreux la connaissent surtout pour son rôle de Lacey dans la série "Cagney et Lacey" aux débuts des années 80. Au niveau trognes connues, il convient de faire une petite place à Morgan Woodward, l'horrible gardien assassin Boss Godfrey de "Luke la main froide", idem pour l'excellent Robert Loggia (La neuvième configuration, Les Envoutés) et dans un rôle plus petit, Timothy Carey ("Les sentiers de la gloire", Mermaids of Tiburon, Echec à l'organisation), une gueule comme on les aime et comme on ne les oublie pas.
Quant à Joe Don Baker, disons pour prendre un raccourci qu'il vaut mieux le voir conduire que courir, ce que du reste Earl Bellamy a bien compris, cutant rapidos ce genre de scènes, évitant l'infarctus de son acteur. Boire ou courir, il faut choisir !

 

 

Globalement, ne vous attendez surtout pas à un plein de super avec La Folle cavale mais à un petit moment de détente pas trop mal carrossé bien que pourvu d'une suspension légèrement brinquebalante.

 

Mallox

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