Femmes sans pudeur
Titre original: Frauen ohne Unschuld
Genre: Erotique , Thriller , Policier
Année: 1977
Pays d'origine: Suisse
Réalisateur: Jess Franco
Casting:
Lina Romay, Michael Maien, Muriel Montossé, Kurt Meinicke, Monica Swinn, Esther Studer, Peggy Markoff, Dagmar Bürger, Peter Baumgartner...
Aka: Wicked Women / Women Without Innocence / Het huis der manzik vrouwen / Le insaziabili notti di una ninfomane
 

Les époux Mauro ont été assassinés dans leur somptueuse villa située à Lugano, au bord du lac. Les autorités ont retrouvé sur les lieux une unique survivante, Margarita Martin (Lina Romay). Nue, recouverte de sang, la jeune femme, journaliste de profession, est en état de choc, et incapable de proférer un mot. Elle est conduite dans une clinique spécialisée dirigée par le Docteur Farkas (Kurt Meinicke) et sa femme Irina (Muriel Montossé). Commence alors une thérapie non désintéressée, car si Margarita n'a pas été témoin du meurtre, elle sait peut-être qui est l'assassin. De plus, les Mauro, derrière leur apparence de couple riche et oisif, dissimulaient un trafic de diamants que l'inspecteur Risi cherche à démanteler depuis un moment. La pauvre journaliste devient donc le centre d'intérêt de l'établissement psychiatrique, et les Farkas mettent tout en œuvre pour lui faire retrouver la mémoire. Il en va de même pour le Docteur Antonio (Michel Maien), aux méthodes peu orthodoxes. Entre les médecins adeptes de la thérapie par le sexe et des patientes à la libido exacerbée, Margarita va susciter aussi des convoitises d'une toute autre nature...

 


Pendant environ trois ans, de 1975 à 1977, Jess Franco a réalisé plusieurs films pour le producteur (et réalisateur) suisse-allemand Erwin C. Dietrich. Ce fut une collaboration pour le moins fructueuse, riche d'une quinzaine de films. Parmi ceux-ci, on compte plusieurs WIP de facture moyenne, mais aussi de vraies réussites comme "Le cabaret des filles perverses", "Deux sœurs vicieuses", ou encore une version très personnelle de "Jack l'éventreur" avec Klaus Kinski. Et puis, on trouve également quelques œuvres presque inconnues (la plupart inédites en France) mêlant intrigue policière et érotisme, des films comme "Les putains de la ville basse", "Les flagellées de la cellule 69" et donc ce "Femmes sans pudeur" (titre d'exploitation belge).

Comme dans 99% des longs métrages produits et/ou réalisés par Dietrich, on retrouve dans l'équipe technique le duo Baumgartner/Baumgartner, à savoir Peter pour la photographie et Walter pour la musique (le second étant l'oncle du premier). De toute façon, si vous avez vu plusieurs productions de l'Helvète "underground", vous avez forcément entendu cette petite mélodie légère et printanière qui revient inlassablement, tel un leitmotiv, d'une œuvre à l'autre. Dans la famille Baumgartner, on sait exploiter un filon, et varier les plaisirs. Ainsi, dans "Femmes sans pudeur", retrouve-t-on Peter, le neveu, dans le rôle de l'inspecteur de police. Auparavant, il avait déjà eu l'occasion de faire un peu de figuration pour Dietrich, notamment dans "Self-Service Girls".

 


Au niveau du casting on retrouve, chez les filles, bon nombre d'habituées du cinéaste espagnol, comme Esther Studer ("Des femmes pour le block 9"), Monica Swinn ("Train spécial pour Hitler"), Dagmar Bürger ("Le cabaret des filles perverses") ainsi que Peggy Markoff ("Doriana Grey"). Si la vedette du film reste une fois encore l'incontournable Lina Romay, aux cheveux très courts une bonne partie du film (et à poil quasiment tout le temps), notons la première apparition de Muriel Montossé dans une œuvre de Franco (et au cinéma, en fait), pour qui elle tournera pas loin d'une dizaine de fois ("Deux espionnes avec un petit slip à fleurs", "Chasseurs d'hommes", "La proie du désir"...). Si on connaît la jolie blonde pour ses prestations dans "La classe" sur FR3 de 1987 à 1994, il ne faut pas oublier sa filmographie entièrement axée sur le bis, ayant joué non seulement pour Jesus Franco, mais aussi pour Jean Rollin, José Benazeraf, Pierre Chevalier, Max Pecas et Philippe Clair. Difficile de faire mieux (ou pire, selon les goûts de chacun).

 


Chez les hommes, en dehors de Peter Baumgartner, les deux petits veinards qui passent une bonne partie du temps dans les bras de ces charmantes demoiselles ont pour nom Kurt Meinicke ("Rolls Royce Baby", "Deux soeurs vicieuses") et Michel Maien ("L'oeil du labyrinthe", "2069 : A Sex Odyssey"). Curieusement, le nom de Kurt Meinicke n'est pas crédité dans les différents sites internet, IMDB et autres, pour ce film où il occupe pourtant un rôle important. Impossible néanmoins de ne pas reconnaître la silhouette svelte de cet acteur blond qui fut, durant les années 70, un inconditionnel des oeuvres d'Erwin Dietrich et Alois Brummer.

Sinon, que retiendra-t-on de ce "Femmes sans pudeur" ? Un cadre original (la ville de Lugano, près de la frontière italienne, entourée de lacs), un soupçon d'intrigue policière, et un clin d'oeil au giallo de la part du cinéaste, qui met en lice un étrange tueur au couteau, vêtu de noir et le visage masqué, s'acharnant sur des pensionnaires de la clinique (mais attention au twist "mijoté" par Franco). Et surtout des héroïnes déshabillées, nymphomanes pour beaucoup, et une Lina Romay qui assure bien dans sa composition de femme traumatisée. Bon, même si l'intrigue ne vole pas très haut, Jess Franco nous ménage néanmoins un petit final sympathique. A part cela, on se sera rincé l'oeil (même les deux yeux) pendant une heure et quart, ce que l'on était après tout en droit d'attendre de la part du duo hispano-suisse.

 


Note : 6,5/10


Flint
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