Refroidi à 99%
Titre original: 99 and 44/100% Dead
Genre: Polar , Comédie , Action
Année: 1974
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: John Frankenheimer
Casting:
Richard Harris, Edmond O'Brien, Bradford Dillman, Ann Turkel, Chuck Connors...
Aka: Call Harry Crown
 

Lorsque deux gangs se partagent une ville grande comme Los Angeles, il y en a forcement un de trop. Entre Oncle Frank et Big Eddie, c'est le combat des chefs. Et, avec eux, la guerre des gangs fait rage par tueurs à gages interposés... jusqu'à l'arrivée d'Harry Crown.

 

 

Le producteur Joe Wizan et le scénariste Robert Dillon s'associent à nouveau, après la réussite de Prime Cut / Carnage réalisé deux ans plus tôt par Michael Ritchie. Robert Dillon écrit donc un nouveau scénario, dans la lignée du précédent. Cette fois, c'est John Frankenheimer qui est choisi pour le réaliser, capable de grandes choses ("Grand Prix", "The Manchurian Candidate", "Seven Days in May", "Le prisonnier d'Alcatraz", "Black Sunday", L'opération diabolique). Sa curiosité peut aussi le pousser vers des projets plus hasardeux qui ne lui conviennent pas toujours (L'île du Dr Moreau, Prophecy...).

Dans ce nouveau scénario, fini le côté rural du précédent opus. Nous voici dans le polar urbain à 99,44 %, les têtes d'affiche ont bien changé. Richard Harris remplace Lee Marvin avec un certain talent et un autre style ; il porte constamment ses deux Browning Hi-Power 9mm à crosse d'ivoire en bandoulière, et chaque fois qu'il va descendre quelqu'un, il enlève ses affreuses lunettes en plastique noire. Ce qui nous vaut une scène quasiment culte à la fin du film. La belle et débutante Ann Turkel remplace la jeune Sissy Spacek. Le visage particulier de l'actrice n'est pas inconnu aux aficionados des séries des années 70-80. Pour l'anecdote, c'est sur le tournage de Refroidi à 99% qu'elle rencontrera son futur mari, l'acteur Richard Harris. Ils resteront ensemble de 1974 à 1982 et tourneront encore dans "Le pont de Cassandra". On a pu revoir Ann Turkel dans le sympathique Humanoids from the Deep, et aussi récemment dans Déjà vu de Tony Scott.

 

 

Parmi les méchants, on retrouve un acteur incontournable de l'époque, Bradford Dillman, supérieur de Clint Eastwood dans la série des "Inspecteur Harry". En quarante trois ans de carrière, on a pu le voir dans un nombre incroyable de productions (Piranhas, "Les insectes de feu", "Le pont de Remagen", "L'inévitable catastrophe"...).
A ses côtés, l'inoubliable Chuck Connors ("Geronimo", "Flipper", "Soleil Vert"), avec sa main artificielle qui semble tout droit sortie d'un James Bond période Roger Moore, et qui fut aussi la vedette de nombreuses productions parfois à la limite du Z ("Yakuza Killer", "Skinheads", "Terror Squad", "Jugando con la muerte"...).

Alors que Prime Cut / Carnage jouait à fond sur le décalage entre les ruraux et les citadins, péquenauds en salopette adeptes de la chevrotine contre gangsters en costume et automatique au poing, tout en restant constamment à deux doigts de la parodie sans jamais vraiment y tomber, Refroidi à 99%, lui, se vautre allégrement dedans. Un changement radical de ton qui plombe littéralement les scènes d'action.
Pourtant, le film aligne comme son homologue quelques morceaux de bravoure (parfois simplement recyclés), mais la violence moite qui suintait du film de Ritchie est ici remplacée par une violence plus comics book, renforcée par la musique de Mancini, beaucoup plus légère et parfois décalée. Comme son prédécesseur, le film ne manque pas de moments forts, comme la petite amie du bras droit d'Harris, reliée à une bombe par tout un réseau de fils, ou le cimetière sous-marin jonché de cadavres avec un bloc de béton aux pieds ; mais rien qui ferait oublier la scène de la moissonneuse de Prime Cut.
De plus, il était difficile de faire plus ignoble que les deux frères "pourritures" de l'original, joués avec brio par Gene Hackman et Gregory Walcott. On retiendra pourtant le cabotinage outrancier de Bradford Dillman, qui fait passer le brave Chuck Connors au second plan. Pourtant, le personnage incarné par Chuck Connors est déjà sacrément dérangé, comme le montre une scène où il s'amuse à terroriser une prostituée avec sa main artificielle, en changeant constamment l'extrémité de son membre (le rêve de tout un chacun !).

 

 

Avec son petit côté comics, Frankenheimer tente de revisiter le film de gangsters, et accouche d'une production pleine de bonne volonté, mais malheureusement sans réel enjeu dramatique. Le film, contrairement à son modèle, tourne souvent à vide ; l'ensemble reste un honnête divertissement, mais qui semble pourtant largement surestimé (on parle de film culte !) par rapport à son modèle, sûrement à cause de sa rareté et son visuel "pop art" assumé (comme le montre certaines affiches du film). A voir néanmoins, pour se faire une idée, et surtout pour Richard Harris, complètement jouissif par son côté poseur, et Bradford Dillman complètement cintré.

Pour info : le titre est une référence à une célèbre marque de savon (Ivory Snow) qui prétendait être pure à 99,44 %. A l'époque, c'est la même société qui engagea une jeune femme encore inconnue appelée Marilyn Chambers pour poser sur ces publicités. La suite appartient à l'histoire.

 

 

The Omega Man

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