Bambola di Satana, La
Genre: Giallo , Gothique , Krimi
Année: 1969
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Ferruccio Casapinta
Casting:
Erna Schürer, Roland Carey, Aurora Batista, Lucia Bomez, Ettore Ribotta, Manlio Salvatori, Franco Daddi...
Aka: Der Satan ohne Gesicht
 

Elizabeth Balljanon et son fiancé Jack Seaton, journaliste, se rendent dans le sud de la France où la jeune femme doit assister à la lecture du testament de son oncle, fraîchement décédé. Ce dernier, Sir Balljanon, était un châtelain détenteur d'importants biens immobiliers, à savoir le domaine et ses terres alentour. Il s'occupa de sa nièce lorsque celle-ci se retrouva orpheline, à l'âge de dix ans.
Histoire de se changer les idées, Elizabeth et Jack ont convié un couple d'amis, Blanche et Gérard, à les rejoindre dans leur périple. Le quatuor se retrouve sans encombre au château où il est accueilli par Carol, faisant office de gouvernante et régisseur, attachée au service de Sir Balljanon depuis des années. Les invités font également la connaissance de Mr Shinton, un vieil ami du châtelain, et Eduard le majordome.

 

 

Elizabeth assiste à la lecture du testament par le notaire dès le lendemain. Sir Balljanon, veuf et sans enfants, lègue sans surprise l'ensemble de ses biens à Elizabeth, qui se retrouve par conséquent riche propriétaire terrienne. La nouvelle se répand rapidement dans la campagne environnante. Paul Raynaud, un voisin fortuné, propose à Elizabeth de lui racheter la propriété. Mais la jeune femme hésite, malgré l'insistance de Carol qui lui conseille de vendre car, d'après elle, Sir Balljanon souhaitait se séparer de son domaine. Qui plus est, Carol évoque la présence d'un fantôme dans le château, celui de l'amant d'une ancêtre d'Elizabeth, nommée aussi Elizabeth Balljanon, et qui mourut prématurément en 1614 à l'âge de vingt-deux ans. Selon la gouvernante, une malédiction plane sur les héritières de la dynastie Balljanon.
Evidemment, ni Jack, ni ses amis ne croient à ces sornettes. Et pourtant, dès la nuit suivante, Elizabeth est en proie à d'étranges cauchemars, d'abord des rêves érotiques particulièrement troublants, suivis de l'irruption dans sa chambre d'un homme encagoulé, qui la conduit dans les catacombes jusqu'à une salle des tortures où elle subit toutes sortes de sévices. Mais est-ce vraiment un cauchemar, où la réalité, sachant qu'une personne s'ingénie à verser chaque soir une drogue dans la boisson d'Elizabeth ?

 

 

Sorti en 1969, La bambola di Satana reste à ce jour inédit en France. En fait, ce film réalisé par l'obscur Ferruccio Casapinta (quelques documentaires à son actif et rien d'autre) fut distribué essentiellement dans deux pays : En Italie et en Allemagne. Répertorié comme un giallo, La bambola di Satana possède effectivement les ingrédients du thriller à l'italienne, avec un tueur mystérieux aux mains gantées, une héroïne victime d'une machination et des personnages secondaires tous soupçonnables. De par son intrigue, et le personnage de Jack Seaton qui, bien que journaliste, enquête tel un policier, le film se rapproche également du krimi (Roland Carey y tient d'ailleurs un rôle évoquant un Joachim Fuchsberger ou un Heinz Drache). Enfin, les décors du château, notamment ses souterrains, les catacombes et la fameuse chambre des tortures confèrent à cette oeuvre un côté gothique indéniable, à la lisière du fantastique (comme dans Le manoir de la terreur d'Alberto de Martino ou Les nuits de l'épouvante d'Elio Scardamaglia).

 

 

Dès le teaser, le spectateur est pris à témoin puisqu'il voit une silhouette traîner dans la campagne le cadavre d'un homme portant la tenue classique d'un domestique. La caméra s'étant attardée sur le château des Balljanon, on devine aisément qu'il se passe des choses pas très catholiques dans ce lieu qui va servir de cadre principal à l'intrigue.
Après la présentation du couple vedette (Elizabeth et son fiancé Jack), on passe au générique qui sort largement des sentiers battus. Celui-ci est en effet constitué d'une suite de photos de tournage défilant comme une galerie d'images, tantôt en couleurs, tantôt en noir et blanc. Indéniablement, cette présentation pour le moins originale donne l'impression de voir un roman-photo sur écran. L'ensemble n'est pas désagréable malgré son côté "amateur", ajouté à un manque de moyens financiers évident. Car on le constatera par la suite, La bambola di Satana est un film à petit budget (la plupart des acteurs sont inconnus, les effets spéciaux sont rares et peu spectaculaires). De plus, le réalisateur, de par son manque d'expérience, ne parvient jamais à mettre le château en valeur, ni même les extérieurs, là ou Mario Bava, Riccardo Freda ou encore Antonio Margheriti auraient su exploiter le cadre à merveille. Il faut avouer que le directeur de la photographie, Francesco Attenni, est également un illustre inconnu qui disparaîtra ensuite de la circulation tout comme Ferruccio Casapinta.

 

 

Malgré cela, le charme opère, pour peu que l'on soit réceptif à ce genre d'oeuvres, et un minimum indulgent. Le film possède certains attraits, le principal étant son premier rôle féminin tenu par Erna Schürer qui, comme son nom l'indique, est italienne. L'actrice, de son vrai nom Emma Costantino, débuta sa carrière comme pin-up (son physique s'y prêtant sans problème) dans des romans photos sexy parmi lesquels les fumetti Killing et Sadistik, et fut aussi mannequin (elle posa notamment pour le magazine Vogue). Elle jouera l'année suivante dans Le monstre du château quant à lui distribué en France. Par la suite, on la verra plus souvent dans des films à connotation érotique, comme le "Carnalità" d'Alfredo Rizzo, avant de terminer sa carrière dans le pathétique "Spectres" de Marcello Avallone où elle ne tient d'ailleurs qu'un tout petit rôle. C'est en tout cas l'atout numéro un de La bambola di Satana, surtout lors des scènes oniriques où sa nudité transparaît derrière sa nuisette. Elle est aussi nue à un moment, allongée sur son lit, les "endroits stratégiques" de son intimité étant toutefois habilement dissimulés.

 

 

C'est Roland Carey qui incarne le héros de service, à savoir un intrépide journaliste qui va enquêter afin de savoir si sa fiancée ne serait pas victime d'une machination. Cet acteur, né en Suisse d'un père irlandais et d'une mère française, commence à se faire connaître grâce au péplum "Le géant de Thessalie" de Riccardo Freda, dans lequel il joue Jason. Il poursuit sa voie dans l'eurospy, entre autres, jusqu'à ce que le film qui nous intéresse présentement marque un coup d'arrêt dans sa carrière d'acteur( mais Roland Carey saura se reconvertir dans le doublage, tant en France qu'en Italie).
Curieusement, il tourne à nouveau au début des années 1980 dans des pornos de seconde zone où l'on retrouve régulièrement le nom de Joe D'Amato au générique, crédité en tant que scénariste, directeur de la photographie ou même réalisateur ("Super Hard Love"). Ensuite, ses apparitions dans le 7ème Art se feront beaucoup plus espacées, même s'il figurera au casting du "Trois couleurs : rouge" de Krzysztof Kieslowski.

 

 

En ce qui concerne le reste du casting, on a affaire essentiellement à des inconnus ou presque. Notons que l'actrice italienne Aurora Batista (qui interprète Claudine, peintre, mais pas seulement...) n'a rien à voir avec l'espagnole Aurora Bautista, de presque vingt ans son aînée. Cependant, la filmographie de l'italienne se retrouve mélangée avec celle de l'espagnole sur le site IMDB.

La bambola di Satana (à ne pas confondre avec "La bimba di Satana" de Mario Bianchi) paraissait déjà désuet lors de sa sortie. En matière de giallo, il ne pouvait décemment pas soutenir la comparaison avec d'autres oeuvres du même genre parues la même année, comme L'oiseau au plumage de cristal ou Perversion Story. D'ailleurs, en visionnant le film de Casapinta, on a presque le sentiment qu'il a été tourné facilement trois ou quatre ans plus tôt. Cela étant, malgré son érotisme soft (mais néanmoins appréciable), ses meurtres hors-champ et son intrigue dont on comprend vite les tenants et aboutissants, La bambola di Satana peut susciter l'intérêt justement par son côté suranné. Le fait que l'éditeur allemand X-Rated Kult l'ait récemment commercialisé dans une belle copie restaurée mérite d'ailleurs que l'on découvre ce film largement méconnu.

 

 

Flint

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