Requins du désert, Les
Titre original: Sahara cross
Genre: Thriller , Action , Aventures
Année: 1977
Pays d'origine: Italie / Tunisie
Réalisateur: Tonino Valerii
Casting:
Franco Nero, Michel Constantin, Pamela Villoresi, Luciano Bartoli, Luca Biagini, Geoffrey Copleston, Antonio Cantafora (Michael Coby)...
Aka: Services commandés (Metropole Home Video) / Golpe perfecto en el Sáhara (Espagne) / Sahara Cross Duell in der Wüste (Allemagne - RFA) / Sahra cehennemi (Turquie)
 

Jean, Karl, Georges et Hamida appartiennent à L'I.P.C. (International Petroleum Company), une importante compagnie pétrolière. Alors qu'ils sont dépêchés en plein Sahara pour commencer une nouvelle prospection, y construire un nouveau pipe-line, après que l'équipe précédente ait fait les frais de terroristes, les événements se précipitent. Très vite, alors qu'ils étudient le terrain et sa topographie via le géomètre-expert de l'équipe, leur camp est pris d'assaut par ce petit groupe de terroristes et Georges perd la vie dans une explosion. Avant de mourir, Georges, qui avait l'intention prochaine "d'épouser la femme de son fils", leur fait promettre de le venger. Jean, Georges et Hamida se lancent alors en plein désert à leur poursuite. Une poursuite qui prendra une drôle de tournure...

 

 

Coproduit par la Cinevera ("Georgina, la nonne perverse", "Todo Modo") et Tarak Ben Ammar (au sortir des Magiciens de Chabrol, avec le même Franco Nero et se déroulant à Djerba) pour la Carthago Films, Les requins du désert alias Sahara Cross n'est pas à proprement parler un incunable : celui-ci eut droit à sa sortie cinéma internationale avec même sa distribution dans les salles françaises fin novembre 1978 avant d'être distribué chez nous plus tard en vidéo, respectivement chez Ciné Hollywood (1982), South Pacific Video (83-84), Carrère/Lumières en 1987, Metropole Home Video (sous le titre français farfelu de "Services Commandés" avec une jaquette issue d'un autre film -Nom de Code : Oies Sauvages- en 1989) ainsi que chez Fil à Film, au début des années 90.
Au scénario, outre le réalisateur, on retrouve en premier lieu Ernesto Gastaldi, homme aux 123 scenarii et à la poignée de réalisations (Libido, "Pour une poignée de diamants"...) qu'on ne présente plus, qui adapte pour le coup une histoire très fantaisiste imaginée par le beaucoup plus méconnu Adriano Belli ("Défi à Gibraltar" avec Lilli Palmer et James Mason, une coprod' guerrière réalisée par deux metteurs en scène zappés par l'histoire, Charles Frend et Bruno Vailati, mais aussi "Inhibition" avec Claudine Beccarie et Ivan Rassimov pour Paolo Poeti alias Paul Price ou encore le poliziottesco de Michele Massimo Tarantini : "MKS... 118" (voir critique du sieur Chouvel sur Sueurs Froides).

 

 

À la mise en scène, on retrouve un réalisateur solide bien qu'inégal : Tonino Valerii. Populaire grâce à "Mon nom est personne", Valerii collabore régulièrement à l'époque avec Gastaldi. Ils accouchent ainsi de westerns intéressants dont Le dernier jour de la colère, Texas ou le plus décevant Une Raison pour vivre, une raison pour mourir, d'un poliziottesco fort correct avec Fabio Testi ("Vai Gorilla") et se retrouvent même en 1987 pour une coproduction italo-nipponne avec "Sicilian Connection". Pour faire une liaison incongrue avec Sahara Cross, il convient de mentionner également une vigoureuse et perspicace transformation au sein du giallo, genre tant surfait à ce jour qu'on a tendance à en occulter les vraies réussites comme Folie meurtrière (Mio caro assassino, 1971). Quel rapport entre cet "Assassin chéri" et ces Requins du désert me direz-vous ? Une pelleteuse ! Parmi les péripéties que recèle Sahara Cross on trouve une agression à la pelleteuse qui rappelle au bon souvenir de la première séquence de Mio caro assassino, l'attaque meurtrière avec ce même engin de chantier, laquelle se poursuit ici en duel singulier entre cette même pelleteuse et une tractopelle (la série des "Transformers" et ses batailles d'engins de manufacture peuvent aller se rhabiller !)

 

 

Auto-parodie volontaire ou non, difficile de l'affirmer de manière certaine. Toujours est-il que cette scène demeure assez représentative de ce qu'on trouve dans Les Requins du désert et qui, surtout, en fait son charme : une fantaisie décontractée se moquant pas mal de la vraisemblance mais qui, au final, s'avère assez originale. Ainsi assiste-t-on au périple d'une bande de pieds nickelés, bien plus malins qu'ils n'en donnent l'impression, mené sur un rythme nonchalant mais dont l'intérêt est malgré tout sans cesse renouvelé (une traversée de sables salants, des kidnappings et contre-kidnappings, l'arrêt de la voiture sur une mine qui sert ensuite de discobole, un hélicoptère traquant un autocar, moult autres poursuites et fusillades). Il faut également reconnaitre que cette aventure en terrain aride force son capital sympathie pour plusieurs raisons : un tandem formé de Franco Nero et Michel Constantin qui s'avère assez savoureux, ceux-ci se complétant parfaitement, tant au niveau de l'action que des dialogues (de petites joutes verbales souvent amusantes elles aussi), des terroristes traités façon bande dessinée (sacrée Nicole ! Pamela Villoresi, vue entre autres dans "Vices privés, vertus publiques" de Miklós Jancsó et "Passion violente" de Luigi Cozzi) pour un sujet pourtant délicat et, pour achever de nous donner ce petit plaisir de bandit qui sommeille en chacun de nous : des escrocs qui partent avec un paquet de thunes et un grand groupe pétrolier qui, au final, se fait mettre jusqu'au trognon. Inutile de spécifier que, à l'heure où ces gigantesques salopes organisées dirigent le monde avec certains pays s'ingérant même dans d'autres, déclenchant des guerres qu'on qualifiera de "raffinement", tout cela est particulièrement succulent.

 

 

Si Sahara Cross n'est peut-être pas le meilleur film de son réalisateur, il n'en demeure pas moins une récréation distrayante et très sympathique, du reste bien soulignée par la partition dynamique de Riz Ortolani.


Mallox

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