Accident du vol 401, L'
Titre original: The Crash of Flight 401
Genre: Catastrophe
Année: 1978
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Barry Shear
Casting:
William Shatner, Eddie Albert, Adrienne Barbeau, Brooke Bundy, Christopher Connelly, Lorraine Gary, Ron Glass, Sharon Gless, Joyce Jameson, George Mahari, Joe Silver...
Aka: Crash / Crash Flight / SOS Miami Airport / Catastrofe del Vuelo 401
 

Résumé des faits :
La nuit du 29 décembre 1972, un Lockheed L-1011 TriStar qui effectue la liaison New York-Miami s'écrase en Floride, dans les Everglades, laissant pour morts 99 des 176 personnes présentes à bord (163 passagers et 13 membres d'équipage). Le vol 401 faisait son approche finale sur Miami, lorsque l'équipage (le pilote Bob Loft, le copilote Bert Stockstill et l'ingénieur de vol Don Repo) commencent les manœuvres d'atterrissage. Ils baissent alors le train mais le voyant clignote, indiquant que ce dernier n'est pas sorti. Le commandant envoie alors deux hommes dont le mécanicien dans la soute de l'avion pour examiner le problème. Pendant ce temps, il met l'avion en mode pilotage automatique.
Tout semble normal et indique un simple dysfonctionnement du voyant lumineux. Apparemment, l'un des membres de l'équipage aurait malencontreusement heurté le pilotage automatique, le désactivant. L'avion commence sa lente descente sans que l'équipage, préoccupé par l'éventuelle panne, ne le remarque !
Après la catastrophe, l'erreur humaine fut clairement établie.

 

 

Vers la fin des années 70, la vague des films catastrophes est en phase d'essoufflement. L'année 1978 ne propose que Avalanche, "L'Inévitable catastrophe" et "Sauvez le Neptune" avant une sorte de baroud d'honneur du genre qui voit successivement passer sur les écrans Meteor (1979), "Le Dernier secret du Poséidon" (1979), "Airport 80 : Concorde" (1979), "La Cité en Feu" (1979), "Avalanche Express" (1979), "Hurricane" (1979), "Le Jour de la fin du monde" (1980)", autant de bides que de déceptions. Par contre, la petite lucarne ne semble pas rassasiée ; le grand manitou du genre Irwin Allen l'avait très bien compris en reprenant les principes immuables qu'il avait lui-même initiés au cinéma pour les transposer à la télévision en produisant "Déluge sur la ville" (1976) et "Horizon en flamme" (1977). Pour répondre à la demande et ne pas dépendre du délai de diffusion des films sortis au cinéma, la télévision se lance dans la production de téléfilms "catastrophe". The Crash of Flight 401 est issu de cette démarche.
Comme au cinéma, tout "Catastrophe" digne de ce nom se doit d'avoir au moins quelques stars ou, à défaut, des visages connus du public. Ce téléfilm de prestige ne déroge pas à la règle en recrutant quelques noms connus, piochant allégrement dans le vivier, presque inépuisable, de la télévision américaine. On peut du reste considérer son générique comme un "best of" d'acteurs de la télévision américaine de l'époque.

 

 

Visage connu, doté d'une carrière aussi longue que la liste des mises en examen des époux Balkany : Eddie Albert (1908-2005). Jadis victime de l'anticommunisme primaire qui sévit aux États-Unis après la guerre, il put continuer de travailler grâce à son statut de "héros de guerre". Parmi ses nombreuses prestations, on peut citer ses rôles de directeur de prison dans "Plein la gueule", de supérieur de John Wayne dans "Un Silencieux au bout du canon", de passager dans "The Concorde: Airport 79" , de président des États-Unis dans "Dreamscape" ou bien encore d'adorateur de Satan dans La Pluie du diable.
Si en Europe l'on connaît Adrienne Barbeau pour ses rôles au cinéma, aux États-Unis, grâce à son rôle récurrent de Carol Traynor dans la série Maude (1972–1978), elle fut avant tout une star du petit écran ; il faut aussi préciser qu'elle est l'un des derniers véritables sex-symbols des années 70-80, au sens noble du terme (les posters la représentant faisaient fureur à l'époque). L'actrice fut l'épouse de John Carpenter (de 1979 à 1984), jouant du coup dans "Meurtre au 43e étage (1978), "Fog", "New York 1997" et "The Thing" (la voix de l'ordinateur, c'est elle !). Elle participe aussi à "Creepshow" de Romero, Swamp Thing de Wes Craven, "The Cannonball Run" de Hal Needham. Aujourd'hui considérée comme une actrice culte elle apparaît encore dans divers films et séries ("The Convent", "La Caravane de l'étrange", "Dexter", "Argo" ...)
Christopher Connelly (1941-1988), acteur révélé par "Peyton Place" (1964-1969), "série soap" qui rencontra un grand succès, est surtout connu en Europe pour sa participation à divers film de genre comme Manhattan Baby, "1990: The Bronx Warriors", The Atlantis Interceptors, "Jungle Raiders", "Django 2", "Operation NAM", "Strike Commando".

 

 

Continuons notre petit recensement...
Edwin Nelson (Ed Nelson, 1928-2014), demeure l'un de ces visages incontournables de la télévision américaine et des séries télés. Nelson écume les feuilletons pendant près d'un demi-siècle, en plus de tourner pour Roger Corman dès les années 50 (Swamp Women, Attack of the Crab Monsters, A Bucket of Blood, "Hot Car Girl", Teenage Cave Man). Ses apparitions sont plus ou moins notables selon la notoriété des séries (Super Jaimie, L'Age de Cristal / Surfside 6, The Aquanauts).
On connait le Canadien William Shatner qui, pour beaucoup, reste le capitaine James Tiberius Kirk dans la série télé "Star Trek" (trois saisons) et des six films pour le cinéma. Il serait cependant réducteur de le cantonner à ce seul personnage car, fort de deux cents rôles, il est apparu dans d'autres séries (T.J. Hooker) et pas mal de films, parfois dans des rôles marquants (The Intruder, Incubus, La Pluie du diable, L'Horrible invasion). Ce n'est pas la première fois qu'on le voit à bord d'un avion à problèmes puisqu'il avait déjà embarqué dans le mythique "The Horror at 37,000 Feet".
Pour des millions de spectateurs, Lorraine Gary reste à jamais la femme du shérif Brody dans la saga "Les Dents de la Mer". Mais c'est oublier dix années de séries diverses, de 1967 à 1977 avec des titres de gloire comme Night Gallery, "Dragnet", "The Big Shipment", "McCloud", "The Marcus-Nelson Murders" (le pilote de "Kojak") ou encore "L'Homme de Fer".
Visage également populaire des années 70, Brooke Bundy est presque incontournable des séries télé (Chips, Wonder Woman, Land of The Lost, Cannon, The Magician ...). Au cinéma, elle participe à deux opus de la saga Freddy ("Les Griffes du Cauchemar" et "Le Cauchemar de Freddy").
Enfin, plus en retrait, on retrouve la blonde Sharon Gless (alias Christine Cagney) en hôtesse de l'air, WK Stratton (alias Larry Casey) en sauveteur (on le connait notamment pour sa présence auprès de "Pappy" Boyington dans "Les Têtes Brûlées") et George Maharis, vedette de la série "Road 66" ou du thriller "Satan Bug" de John Sturges, ici dans le rôle d'un passager.

 

 

Côté réalisation, Barry Shear (1923-1979) a su alterner avec brio de nombreux épisodes de séries (Night Gallery, "Des Agents très spéciaux", "Les Têtes Brûlées"...) et cinéma dit de genre ("Meurtres dans la 110ème rue", "Le Shérif ne pardonne pas"). Certains épisodes de séries télévisées réalisés par Shear étaient déjà passés par la case ciné ; un assemblage d'un épisode tourné en deux parties de la troisième saison "Des Agents très spéciaux" (The Five Daughters Affair) sortit sous le titre "Le Tueur au Karaté". Un procédé qui avait régulièrement cours durant les années soixante et soixante-dix, deux décennies durant lesquelles de nombreux téléfilms ou séries ont ainsi été exploités en salle en Europe, parfois avec quelques ajouts "sexe & violence". À l'époque, la manière de réaliser des bobines pour le petit ou le grand écran étant similaire, certains réalisateurs comme James Goldstone (Le Toboggan de la mort), Jack Smigth (Midway, 747 en péril ), David Lowell Rich (Airport 80 : Concorde), Jerry Jameson (Les Naufragés du 747 / La Guerre des Abîmes), David Greene (Sauvez le Neptune), Alvin Rakoff (La Cité en Feu) furent abordés pour réaliser des films "Catastrophe". Les scénarios du genre restant le plus souvent basiques, il suffisait dès lors de mettre aux commandes un bon technicien.

 

 

Quant à L'Accident du vol 401, sa mise en scène ne s'attarde pas plus que cela sur le crash à proprement dit et préfère suivre les survivants, capter les efforts des sauveteurs. Ce n'est pas pour autant que Barry Shear bâcle la séquence de l'atterrissage en catastrophe (entièrement filmée de l'intérieur de l'avion). Celle-ci ne dure que quelques minutes mais demeure, malgré le procédé et sa courte durée, impressionnante. Du reste, si l'on tient compte du fait que ce (télé)film a été réalisé il y a un quart de siècle pour la télévision, à une époque où les effets spéciaux étaient plus rudimentaires (et sans la Computer Generated Imagery), la qualité de la reconstitution reste bluffante, notamment lorsqu'une partie de la carlingue se détache de l'avion avec des passagers encore attachés à leur siège (effet réalisé en "live" à-même le plateau). La séquence est d'ailleurs utilisée par deux fois, au début et à la fin : les premières minutes du métrage sont consacrées à la catastrophe avant qu'un flash-back nous permette, comme de coutume dans ce genre de production, de faire plus ample connaissance avec les protagonistes. Les efforts des sauveteurs et la prise en main des survivants occupe logiquement la dernière partie, laquelle est tout aussi impressionnante. Certaines séquences paraissent presque surréalistes, sentiment accentué par la particularité des décors, des reliefs marécageux.

Bien entendu, la profusion de visages connus entraîne quelques cruelles désolations, voire des déceptions au regard du temps qui leur est imparti à l'écran (la disparition prématurée d'Adrienne Barbeau). En revanche, Lorraine Gary est particulièrement impressionnante en femme pugnace, refusant obstinément d'abandonner son mari dont le corps est suspendu aux arbres. Les seconds couteaux s'en tirent quant à eux de manière plus qu'honorable, à l'instar de W. K. Stratton en sauveteur... dépassé !

 

 

En tout cas, The Crash of Flight 401 est un petit Catastrophe qui joue à fond sur les stéréotypes du genre et qui, malgré cela, fonctionne à merveille. Certes, il suit plus ou moins fidèlement les événements réels de l'accident ; comme souvent, les noms des personnages-clés ont été changés, certains événements dramatiques ont également été romancés mais, quoi qu'il en soit, il demeure une belle et efficace alternative aux inoxydables "Naufragés du 747" et autres "747 en Péril".
C'était L'Omega à bord du vol 401, à vous la base !


The Omega Man




En rapport avec le film :

# Il existe un autre téléfilm, "The Ghost of Flight 401 / Le Fantôme du vol 401", qui illustre le même drame. Il est signé Steven Hilliard Stern.
Si ce drame est resté dans les annales de l'aviation, c'est aussi pour des faits beaucoup moins conventionnels : quelques mois plus tard, une rumeur s'est répandue, attestant que le pilote et l'ingénieur du vol 401 (décédé lors dans l'accident) furent aperçus au préalable sur plusieurs appareils de la compagnie. Après des enquêtes, la compagnie découvrit un détail curieux. Chaque appareil concerné par l'apparition du commandant et du mécanicien avait reçu une pièce du vol 401.
L'enquête fut menée par Feller J et des membres de la compagnie. Les journaux de bord mentionnent les apparitions. Ce téléfilm raconte ainsi l'histoire de ce vol et des apparitions, et s'inspire du livre de John G. Fuller, l'époux d'une hôtesse qui témoigna avoir vu l'un des "fantômes". "Le Fantôme du vol 401" s'attarde par conséquent surtout sur les aspects surnaturels de l'après catastrophe.

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