Zombie Story 1 – Zombie Island
Genre: Horreur , Gore , Zombies , Science-fiction
Année: 2010
Pays d'origine: Etats-Unis
Editeur: Milady
Auteur: David Wellington
Traducteur:
François Truchaud
 

Si l'on excepte "Un horizon de cendres" de Jean-Pierre Andrevon, le "Cellulaire" de Stephen King ou plus récemment  "World War Z" de Max Brooks, on ne peut pas dire que les invasions se bousculent au portillon. Du moins, si l'on compare avec le cinéma où, depuis "La Nuit des morts-vivants" de Georges Roméro, elles se succèdent sans qu'on ait le temps de reprendre son souffle. En tous cas, une nouvelle invasion a aujourd'hui lieu sous la plume de David Wellington, qui nous avait déjà régalé avec une autre sorte de revenants dans "Vampire Story".
Les morts-vivants sont donc sortis une nouvelle fois de leur tombe, dévorant tout, enfin tout ce qui est vivant, sur leur chemin. Dekalb, ancien inspecteur aux armement pour les Nations Unies, a trouvé refuge avec sa fille auprès d'un chef de guerre en Somalie. Mais pour devoir continuer à bénéficier de cette protection, Delkab va devoir trouver des médicaments pour aider sa nouvelle protectrice à survivre, atteinte du sida, et même se rendre à New-York, au siège de l'ONU, s'il veut trouver exactement les produits dont il a besoin.
A New-York également, Garry est mort, mais il est revenu à la vie. Grâce à ses compétences de médecin, il a réussi à empêcher la décomposition de son corps et de son cerveau, ce qui fait de lui un zombie intelligent, capable de réfléchir. Son seul souci est son appétit de plus en plus grandissant. Et plus particulièrement de viande, viande qu'il semble bien décidé à trouver, ayant de plus en plus de mal à se retenir de succomber à la tentation.

D'abord publié sur un blog avant d'être publié sous forme de livre,  "Zombie Island" est donc le premier roman de David Wellington. Du coup, on y retrouve pas mal de défauts souvent inhérents  à à un premier ouvrage, tels des personnages un peu trop stéréotypés et un certain manque de style. Ainsi la fureur qui caractérisait les histoires de "Vampire Story" est malheureusement absente, dommage car elle aurait très bien servi cette histoire qui manque un peu de punch malgré de nombreuses fusillades et scènes gores.
L'histoire débute donc quand Delkab, en compagnie de filles-soldats, arrive à New-York, au pied d'une statue de la liberté peuplée d'une armé de zombies et d'un Manhattan dont la population semble toute aussi vivante et affamée de chair fraîche. La mission s'avère donc périlleuse, surtout pour Delkab qui n'est pas belliqueux pour un sous, même face aux mort-vivants. C'est donc ceux contre qui il luttaient, enfin plutôt celles à qui il voulait offrir une nouvelle existence, dans sa vie précédant l'invasion, à qui il va devoir faire confiance  pour pouvoir survivre. Il va devoir lui-même devenir un tueur s'il veut vaincre ses nouveaux ennemis, un peu comme "Laura Caxton", l'héroïne de l'autre série de l'auteur.
Et c'est là que ça devient gênant. Car si dans "Vampire Story" l'auteur semblait dire qu'il fallait combattre le mal par le mal, ici il semble  y avoir une certaine idolâtrie autour des enfants-soldats et de la guerre car ils sont capables de résister face au nouvel assaillant, contrairement aux populations modernes qui ont été rapidement submergées. Apologie ratée d'une forme de résistance ou idéologie carrément douteuse, chaque lecteur pourra faire son choix et adhérer ou non aux propos de l'auteur.

Puis, il y a également l'autre idée de l'histoire, à tendance plus horrifique celle là et tournant autour du personnage de Garry, un zombie intelligent, capable de réfléchir, de parler et donc de s'infiltrer auprès des vivants pour mieux les dévorer. Il va également se retrouver avec le pouvoir de commander aux autres morts, via une espèce de conscience collective, et se retrouver ainsi à la tête d'une armée aux soldats innombrables, capable de s'offrir les derniers vivants sur un plateau d'argent.
Certes, ce n'est pas sans évoquer le "Cellulaire" de Stephen King et Le Dépenaillé qui semblait ordonner aux morts, mais là, on se retrouve presque à l'intérieur de la tête du personnage, assistant à sa lente et irréversible transformation en un monstre qui n'aura donc rien d'humain. Les passages chocs mettant en scène Garry sont réellement les meilleures scènes de ce roman et l'on peut d'ailleurs dire que c'est lui le véritable héros de ce livre.
Bref, "Zombie Island" est un roman qui risque de ne pas laisser indifférent mais plus pour sa morale douteuse que pour ses véritables qualités littéraires. Bien qu'empreint d'un ambiance plutôt crépusculaire et d'un final pessimiste, ce roman de David Wellington n'arrive pas à la hauteur de ses ambitions malgré des passages horrifiques particulièrement réussis. Mais peut-être "Zombie Nation" corrigera-t-il le tir, que ce soit sur le fonds ou sur la forme ?

Note : 7/10

 

Stegg

 

A propos de ce livre :

 

- Site de l'auteur : http://www.davidwellington.net/

- Site de l'éditeur : http://www.milady.fr/

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