Anita
Titre original: Anita - ur en tonårsflickas dagbok
Genre: Erotique , Drame
Année: 1973
Pays d'origine: Suède / France
Réalisateur: Torgny Wickman
Casting:
Christina Lindberg, Stellan Skarsgård, Per Mattson, Ewert Granholm, Arne Ragneborn...
Aka: Les Impures / Anita: Swedish Nymphet / Das Schwedenmädchen Anita / Bocca di velluto
 

Torgny Wickman était un journaliste de cinéma devenu à son tour cinéaste au cours des années 50 et principalement actif lors de la libération sexuelle. Réalisateur d'une quinzaine de films ayant pour sujet la sexualité, il réalisa Anita au crépuscule de sa carrière, en 1973. Sorti en France en mars 1974 sous le nom Les Impures, les Etats-Unis l'accueillirent en juillet 1975 sous un nom d'exploitation révélant un cliché en vogue outre-Atlantique en ce temps là : Swedish Nymphet. Il fut produit par Inge Ivarson, occupant la même place sur des oeuvres telles que Bel-Ami ou Flossie (réalisés par Mac Ahlberg) et coproduit par Alpha France.

 

 

L'action se déroule à Stockholm où Anita, jeune lycéenne de 17 ans, est en proie à de sévères pulsions sexuelles. Plutôt victime que maîtresse de son corps, elle éprouve le besoin de faire l'amour n'importe où, n'importe comment, avec n'importe quel inconnu, quel que soit son âge, sa taille ou sa corpulence. Au lycée, sur un chantier ou dans la chambre que lui prête gracieusement l'une de ses amies, nombreux sont les lieux où elle exerce – inconsciemment – sa quête de l'orgasme. Un jour, elle rencontre Eric, un jeune musicien étudiant en psychologie qui se prend d'affection pour elle. De cet amour platonique naîtra peut-être ce qui sauvera la jeune et belle Anita.

 

 

A la fois drame adolescent et film érotique léger soutenu par le charisme de son actrice principale, Christina Lindberg qui tenait là son dernier grand rôle au cinéma, Anita pose un regard parfois trouble mais sincère sur une maladie trop rarement prise au sérieux : la nymphomanie. De ce fait, le film (dans son montage français) balance sans cesse entre le cinéma traditionnel et le cinéma érotique soft peinant à exister, si ce n'est exciter : le sexe y est triste, presque mortifère et seule une séquence de strip-tease permet d'inscrire le film dans le domaine de la sexploitation (sans celle-ci, le travail de remontage et de charcutage proposé par Alpha France n'aurait d'ailleurs guère eu d'excuses). Au final, Anita n'est rien d'autre qu'un récit initiatique, prenant, au gré du montage que l'on regarde, la forme d'un film érotique banal ou d'un drame frôlant l'érotisme quasi-pudique. Dans sa version d'origine, plus longue de 20 minutes et excluant pourtant les scènes érotiques de la VF, l'érotisme est en effet plus disparate. Ainsi, lorsqu'Anita exécute une fellation à un jeune étudiant, seul le visage de l'étudiant est montré, à l'inverse du remontage français donc. Le spectateur se situe bien moins dans cette position lubrique proposée par Alpha France que dans celle du simple "curieux".

 

 

Au rythme de quelques relents jazzy, Christina Lindberg se trémousse avec passion ; elle paraît le plus souvent comme hors d'elle. A l'image du reste de sa filmographie, notamment Exponerad et Thriller : A Cruel Picture, c'est cet éternel regard de petite fille triste, perdue dans un immense corps de femme, qui effectue le point d'ancrage avec le spectateur, lui même à jamais tout petit face à ce bout de femme. Face à elle, le blondinet sûr de lui Stellan Skarsgård, qui tourna huit fois sous la direction de Lars Von Trier (de "Breaking the Waves" à "Melancholia ") et qui poursuit à l'heure actuelle brillamment sa carrière dans des films tels que la trilogie "Pirate des Caraibes", "Mamma Mia" ou encore "Thor". Quitte à en être jaloux, ils forment un couple réussi, et la fragilité d'Anita de trouver un refuge confortable dans les bras de musicien d'Eric. Plus qu'une recherche de l'orgasme donc, la nymphomanie est aussi envisagée comme le fruit d'un manque affectif passé, Anita vivant chez son oncle et sa tante...

Anita est un film simple mais sans esbroufe, se vendant sur son actrice sans aucun scrupule puisque, on peut le dire, elle assure les arrières. On pourrait y voir une sorte de teen-movie pour adulte, à ranger au côté d'Elephant de Gus Van Sant ou encore de "Virgin Suicides" de Sofia Coppola, qu'importe, Anita est avant tout une oeuvre intimiste, sachant prendre quelques distances vis à vis de son propos afin de ne pas le dramatiser.

 

 

The Hard

 

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# La fiche dvd Bach Films de "Anita"

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