Triomphe de Tarzan, Le
Titre original: Tarzan Triumphs
Genre: Aventures , Guerre , Exotisme
Année: 1943
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: William Thiele
Casting:
Johnny Weissmuller, Johnny Sheffield, Frances Gifford, Stanley Ridges, Sig Ruman, Philip Van Zandt, Rex Williams, Pedro de Cordoba...
 

Jane est absente, partie à Londres au chevet de sa mère malade (une mère dont il ne fut jamais fait mention au cours des 6 précédents épisodes mais bon, il fallait bien justifier l'absence de Maureen O'Sullivan qui ne voulait plus reprendre le rôle) et Tarzan se languit de sa bien-aimée, se balançant mollement de liane en liane, sans conviction... D'ailleurs, en fait, au début du film, il est absent lui aussi, parti à la ville chercher un courrier de sa belle que le facteur refusait probablement de livrer à domicile. Et quand ses parents ne sont pas là, que peut bien faire un solide garçon comme Boy ? Non, non, pas une nouba d'enfer avec des primates et du jus fermenté de fruits exotiques en guise d'euphorisant, juste une petite escapade à dos d'éléphant vers la cité de Palandria...
Maladroit ou trop téméraire sans doute, un peu couillon surtout, Boy glisse et manque de tomber dans un précipice, sauvé par un arbre qui poussait par là fort opportunément ainsi que par Zandra, la fille du chef de Palandria qui, elle, passait par là fort opportunément. Ni une ni deux, il la ramène à Tarzan et c'est tout juste s'il ne la lui met pas dans son lit afin qu'il meuble ses longues nuit sans Kim Wilde et sans Jane. Zandra a du charme, Zandra a le sourire facile, Zandra aime à plonger dans les eaux cristallines de la rivière aux amoureux où l'homme-singe et son épouse ont leurs habitudes. Tendresse, complicité naissante, mais il va se faire la princesse ! se dit le spectateur lambda, et devant les yeux de son fils en plus !

 

 

Mais non, la morale est sauve, tout cela reste au niveau du flirt contrôlé et cela un peu grâce à Adolf Hitler et à ses troupes, toujours d'une colossale finesse lorsqu'il s'agit de s'emparer d'un pays quel qu'il soit. Car les nazis ont décidé de s'emparer de Palandria. Mais pourquoi donc, vous demandez-vous peut-être, ces soldats brutaux et fourbes viennent-ils se perdre en pleine jungle dans une cité non moins perdue ? Mais pour ses ressources, of course, ce petit coin de paradis regorgeant de ressources minières découvertes fortuitement par un boche égaré aiguisant les appétits de Germains en pleine guerre (et finalement, à ce niveau, pas grand-chose n'a changé...)
Palandria sous la coupe des nazis, cela devrait être suffisant pour motiver Tarzan à venir leur faire la peau mais non, il est à la coule dans son petit éden à l'écart du monde, bien décidé à laisser ces guerres qu'il ne comprend pas se faire sans lui : finalement, elles ne le concernent pas et si l'homme est assez bête pour s'entretuer, il n'a aucune raison de participer au bain de sang. L'un de ses ennemis le taxera d'ailleurs d'isolationniste tout en lui expliquant qu'on ne peut indéfiniment rester hors de la tempête quand celle-ci vient à vous...
Mais Tarzan s'en fout, refusant les propositions (honnêtes) de Zandra de venir l'aider à libérer sa ville, déjouant les stratagèmes de Boy pour l'impliquer, pensant à sa Jane si loin jusqu'au moment où, à son tour, son petit paradis est envahi par les nazis. "Maintenant Tarzan faire guerre !" s'écrie l'homme-singe, le couteau à la main et la colère dans l'oeil, avant de se lancer à l'assaut des troupes du Colonel Von Reichart.

 

 

Réalisé en pleine seconde guerre mondiale, Le triomphe de Tarzan était une bonne façon de mobiliser les coeurs contre cette guerre en grande partie européenne et de critiquer ceux qui ne voulaient pas s'y impliquer, en leur disant que, quoi qu'ils fissent, elle les atteindrait forcément. C'était l'occasion de présenter les troupes ennemies sous un jour lâche, cruel et ridicule à la fois, les officiers prenant Palandria par la ruse en trahissant ses habitants pré-hippies et leur chef très peace and love puis exploitant jusqu'à la mort ces babas cool de la jungle, tandis que le sergent allemand ayant le plus grand rôle, était un mélange de brute épaisse et de personnage semi-comique.
Plus de Gabonis ni de tribus sauvages bien décidées à occire d'atroce façon les explorateurs blancs et leurs innombrables porteurs noirs dans cet épisode. A la place, des Nazis bien blancs mais tout aussi sauvages et une populace à la peau étrangement claire perdue au fin fond de l'Afrique et atterrie là on ne sait trop comment il y a déjà bien longtemps... On imagine pourtant mal ces doux agneaux pétris de bons sentiments et non violents résister bien longtemps à une incursion de cannibales affamés mais bon, Palandria nous est présentée comme une cité ancienne...

 

 

Plus de Jane, plus de Gabonis, plus d'écarteleurs, mais alors tout fout le camp depuis que Tarzan est passé de la MGM à la RKO ? Non, pas vraiment, il reste Cheeta, Boy, des décors de studio et quelques immenses décors peints, des stock-shots d'animaux sauvages et le cri fameux de Tarzan, ce cri mélodieux et impressionnant, ce cri... mais bordel, c'est quoi ce cri ? Il a changé, et pas en bien, ça on peut le dire ! A l'entendre, on dirait que Tarzan s'est coincé les doigts dans une porte mais, comme il n'y a pas de porte dans la jungle, on peut penser qu'il s'est coincé un testicule dans l'élastique de son slip léopard en se lançant sur une liane et que cela est atrocement douloureux ! Ce cri est tout simplement raté, abominablement raté. Presque autant que celui que Jane et Boy s'évertuaient à pousser dans les précédents épisodes, c'est dire.
Comme nous sommes indulgents, et parfois trop, on passera sur ce cri ridicule pour juger le film sur ses autres atouts. Une cité perdue, ok, 2 points ; des vilains nazis, pour un film tourné en pleine guerre et où l'incertitude était encore grande, ok, 2 points ; un Tarzan vengeur et sans pitié, 2 points (mais ça arrive un peu tard dans le film, donc - 1) ; une belle Zandra, interprétée par l'héroïne du sérial Jungle Girl deux ans plus tôt, 2 points aussi ; un gag ultime excellent avec Cheeta, 2 points. Bref, sur 10, on en est à 9. On enlèvera 1 point pour les facéties clownesques trop galvaudées de notre chimpanzé favori au début du film, ça fait 8 ; 1 autre point pour le côté cucul la praline des mésaventures de Boy et sa façon de foutre Zandra dans les pattes de son père adoptif, ça fait 7 ; encore 1 pour l'absence des écarteleurs et des combats à mort entre Tarzan et des fauves, ça fait 6 ; mais on en rajoutera quand même 1 ultime pour la façon ludique dont le seigneur de la jungle titille le dernier survivant des nazis dans la jungle en surgissant de nulle part pour disparaître aussitôt après l'avoir appelé : "Nazi !", se jouant des nerfs d'acier du colonel schleuh réduit à vider son chargeur sur une cible invisible avant de finir piégé par un adversaire n'ayant pas peur de l'ironie et répétant, moqueur, la phrase favorite de l'officier de la Wehrmacht : "C'est toujours le plus fort qui gagne". Car oui, une fois de plus, Tarzan a gagné.

 

 

Bref, un film au début assez moyen, un peu trop familial malgré son évidente volonté propagandiste, mais qui finit par emporter le morceau lorsqu'enfin Tarzan s'engage contre les nazis.

Bigbonn


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