Jules César contre les pirates
Titre original: Giulio Cesare contro i pirati
Genre: Aventures , Peplum
Année: 1962
Pays d'origine: Italie / Yougoslavie
Réalisateur: Sergio Grieco
Casting:
Gustavo Rojo, Abbe Lane, Erno Crisa, Gordon Mitchell, Mario Petri, Piero Lulli, Franca Parisi, Pasquale Basile, Franco Franchi...
 

La haine du dictateur Sylla envers César est telle que celui-ci est contraint de quitter Rome afin de sauver sa peau. Blessé, il s'enfuit en Bythinie, à la cour du roi Nicomède qui lui offre l'hospitalité. Nicomède accepte que César embarque pour la cité de Mileto afin d'y trouver refuge mais craignant la colère de Sylla, il lui offre une belle esclave, Plauzia, qui n'est autre que la future femme de Hamar, un homme violent et imprévisible, chef d'une bande de pirates. Prévenus, Hamar et ses hommes abordent le navire, capturent César et réclament une rançon…

 

 

Comme quelques-uns de ses confrères, Sergio Grieco a, en une trentaine d'années, abordé tous les genres en vogue (le navire) : il entame sa carrière de réalisateur dès le début des années 50 avec plusieurs mélodrames ("Les Amants du péché", "L'Hôtel du rendez-vous", etc.) se tourne ensuite vers le film de cape et d'épée et le film d'aventures au sens large ("Le Chevalier de la violence" avec Gasmann, "Le Masque noir", "Le Pirate de l'épervier noir") avant d'aborder plus précisément le péplum historique, de manière très fantaisiste le plus souvent : "Les Nuits de Lucrèce Borgia", "Salammbô", "La Reine des barbares", "L'Esclave de Rome", etc. Ainsi croise-t-on ce Jules César contre les pirates en 1962 juste avant que Grieco ne mette le cap sur une série d'Eurospy sous influence Bondienne : "Opération lotus bleu", "Fureur sur le Bosphore", "L'Agent Gordon se déchaîne", "L'Affaire Lady Chaplin" coréalisé avec Alberto de Martino, "Trahison à Stockholm", etc. Il poursuivra sa carrière en continuant de suivre la vague avec une ou deux sexy-comédies dont "Une Suédoise sans culotte", avant de la finir de manière plus vigoureuse avec "La Nuit des excitées" (I violenti di Roma bene) et "Ultime violence", deux poliziesco réputés pour leur violence (bien que le dernier soit un peu surestimé).

 

 

Cette violence nous amène directement à ce que Jules César contre les pirates recèle de meilleur : des éclairs de violence graphique, hélas trop rares, mais tout à fait impressionnants lorsqu'ils se présentent à l'écran... Cela commence très fort avec ce prisonnier qui, après avoir été marqué au fer rouge à plusieurs reprises, se fera crever les yeux par le même instrument de torture. La dernière ligne droite garde aussi en réserve quelques surprises du même acabit, entre plusieurs séquences bienvenues de sadisme en sous-sol. A ce niveau encore, si l'on met en avant le petit budget dont dispose Grieco et la petite atmosphère gothique qu'il parvient à instiller par moments, on pourrait presque dire ou croire qu'il s'agit d'un bon film. Or ce n'est pas vraiment le cas...

Heureux qu'en milieu de bobine Gordon Mitchell (qui mériterait un César) se pointe à la flibustière, les pieds en avant et les muscles saillants, autrement on aurait tôt fait de décrocher, voire de se décrocher la mâchoire. Le scénario est d'une pauvreté consternante mais l'on évitera de lui reprocher les libertés prises avec l'Histoire (*), celles-ci faisant a contrario son charme.

 

 

Non, ce dont pâtit en premier lieu Jules César contre les pirates, c'est d'un casting aberrant, dont les lauriers (de César - bonjour à Goscinny et Uderzo !) reviennent sans nul doute possible aux deux acteurs principaux : Gustavo Rojo (qui retrouvera Sergio Grieco ainsi que Barbara Steele juste après pour "Le Capitaine de fer" et que l'on le verra plus tard dans La Vallée de Gwangi), d'une transparence tenant du mirage sur pattes, ainsi que le méconnu Erno Crisa, spécialisé alors dans les rôles de méchants au sein de péplums ("Seule contre Borgia", "Carthage en flammes","Maciste contre le cheikh", etc.) qui fait ici preuve d'un charisme de radeau prêt à s'échouer, tendant à faire couler le film avec lui.
Ce ne sont pas non plus les présences féminines qui relèvent la sauce, Franca Parisi est fort peu présente tandis qu'Abbe Lane prend le temps de se refaire une beauté, on ne sait trop par quel enchantement, alors qu'elle est retenue prisonnière entre quatre rochers par le sympathique Hamar, hautement campé par un Gordon Mitchell qui, durant une bonne demi-heure, tient toute la pelloche sur ses robustes épaules avant de s'en faire écarter à la va-vite par notre héros de pacotille.

 

 

Pour le reste, vous l'aurez compris, bien que très rare, Jules César contre les pirates s'avère être un spectacle très moyen, tenant plus ou moins de la galère, et alignant paresseusement les clichés du genre pour respecter son cahier des charges : duels, pièges, tortures, femmes et danses, mais certainement pas plus.

 

Mallox


En rapport avec le film :

* Notons que l'histoire est basée (de très loin) sur des faits réels : César, jeune proscrit en Asie en tant que marianiste fut capturé par des pirates. Une fois libéré contre une forte rançon, il fait affréter une galère de guerre, capture le navire pirate et fait égorger tous ses anciens geôliers. La légende veut que pendant sa détention, sous les moqueries des pirates, il leur faisait quotidiennement part de ses projets de vengeance.

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