Loi de la CIA, La
Titre original: Sono stato un agente C.I.A.
Genre: Polar , Thriller , Espionnage , Film noir
Année: 1978
Pays d'origine: Italie / Grèce
Réalisateur: Romolo Guerrieri
Casting:
David Janssen, Arthur Kennedy, Maurizio Merli, Corinne Cléry, Philippe Leroy, Ivan Rassimov, Giacomo Rossi-Stuart, Carla Romanelli, Faidon Georgitsis, Dimitris Ioakeimidis...
Aka: Covert Action (USA) / Akropolis-Connection (RFA) / Mystiki apostoli stin Ellada (Grèce) / Washington Operation 7 (Japon - titre anglophone) / L'ultimo missione / Spy kill
 

Lester Horton (David Janssen) autrefois membre de la CIA, décide de s'installer à Athènes pour écrire son nouveau livre. Il a appris par ses anciens amis que certains membres du bureau de la CIA locale sont compromis avec la mafia et qu'une bande magnétique gênante pour les services secrets américains a disparu.
À peine a-t-il entamé son enquête qu'il est trainé de force devant Maxwell, le chef de la CIA d'Athènes (Arthur Kennedy), qui lui donne l'ordre de laisser tomber cette histoire qui ne le regarde pas.
Rien n'y fait, Lester s'entête. Un jour, des cambrioleurs entrent de force chez lui pour se saisir de documents compromettants qu'il possédait déjà. Mais il décide malgré tout d'affronter les méthodes peu orthodoxes de la CIA et d'aller jusqu'au bout de son enquête et de cette sale histoire...

 

 

Parmi les représentants du néo-polar transalpin, on fait régulièrement une place importante à Umberto Lenzi et Fernando Di Leo et l'on cite quelques autres films d'autres réalisateurs, mais l'on met rarement Romolo Guerrieri en avant. Un fait finalement assez regrettable car à découvrir ou redécouvrir ses films, il n'est pas interdit de classer le réalisateur dans les tous meilleurs artisans du genre. De ceux qui régulièrement devancent les modes et livrent des spectacles globalement un peu meilleurs et plus malins que ses confrères.
Après des westerns déjà de bonne facture ("Johnny Yuma", Le Temps des vautours), ses gialli eurent le mérite d'être parmi les premières machinations (L'adorable corps de Deborah) ou faisaient preuve de singularité (La controfigura). Dès 1969, Un detective amorçait un tournant et Guerrieri, metteur en scène moyennement prolifique, lâcha quelques beaux poliziotteschi avec le très étonnant La police au service du citoyen puis les solides "Un homme, une ville" et Jeunes, désespérés, violents.

 

 

Avec Sono stato un agente C.I.A., Romolo Guerrieri foule à nouveau les sentiers empruntés près de dix ans avant avec Exécutions. Ceux du thriller, du polar d'investigation, le tout sur fond de film noir et, ici, d'espionnage industriel. Le poliziesco arrive à son agonie et c'est non sans malice que Guerrieri et ses scénaristes, Nico Ducci et Mino Roli (¡Mátalo!, Keoma et collaborateurs sur d'autres films du réalisateur) l'abandonnent pour revenir à des bases plus classiques, plus Hollywoodiennes aussi. Que le personnage principal soit campé par David Janssen (connu pour la série "Le Fugitif" mais aussi Cult of the Cobra, La Nuit des assassins, Le Loup de la nuit...) et un alter ego et ennemi menaçant interprété par une autre vedette américaine sur le déclin, Arthur Kennedy (La police a les mains liées, Le massacre des morts-vivants, Bermudes : Triangle de l'enfer...) n'est pas un choix fortuit. La source d'inspiration initiale reprend logiquement son dû, tout comme le sort réservé à Maurizio Merli symbolise à lui seul les derniers balbutiements purement vigilantes, exorcisme et fantasme cinématographiques nécessaires au sein d'une société italienne gangrénée.

 

 

Le film noir reprend donc le dessus. Et pour ce faire, la femme, après s'être pris moult tartes et avoir été traitée comme un boulet dans un genre où l'action se devait de primer, revient au premier plan. Dans sa seconde partie, Corinne Cléry et David Janssen ont une liaison qui s'avèrera dangereuse pour l'un, fatale pour l'autre. Mais laissons à Sono stato un agente C.I.A. ses mystères, même s'il est regrettable à ce jour qu'aucun dvd ne lui rende correctement hommage. Soit, la production seventies en matière de polars et de thrillers fut tellement abondante qu'on comprend aisément que certains films restent le temps passant sur le carreau ; toutefois, le sort réservé est ici particulièrement injuste.
Les situations s'enchainent à un rythme alerte, les personnages y sont maltraités de manière judicieuse, et la justice se pratique même après une lobotomie, de façon naturelle, par l'autodéfense, et surtout ailleurs que là où on l'attendait.
On y retrouve, outre les acteurs déjà cités, un Ivan Rassimov spectral et inquiétant en tueur à gages omniprésent en arrière-plan mais ne pipant aucun mot, ainsi que Philippe Leroy, savoureux en inspecteur de police grec apportant la juste dose de malice, là où il eut été facile de tomber dans la caricature. Ajouté à cela la belle musique de Stelvio Cipriani et l'on obtient un film qui se défend de façon tout à fait honorable.

 

 

Mallox

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