Angel Buns
Genre: Porno
Année: 1981
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: David Buckley
Casting:
Veronica Hart, Robert Kerman, Tiffany Clark, Lisa Beth, Brenda Brooks, Angelina Flores, Jerry Butler, George Payne, Ron Jeremy...
Aka: Keiner überlebt! / Nadie vive / Ninguém Sobrevive
 

Afin de gagner ses ailes, l'apprentie angelot Angel Buns est envoyée sur Terre pour aider Sidney Pertzer, qui est sur le point de se suicider pour cause de frustration sexuelle. Elle dresse une liste de toutes les différentes activités sexuelles auxquelles Sydney n'a jamais participé et entreprend de s'assurer qu'il remplit tous les fantasmes sexuels qu'il n'a jamais eu.

 

 

Angel Buns est un jeu de mots, "bun" peut être un chignon ou le nom d'une brioche, en argot cela signifie aussi "fesses d'ange" (c'est-à-dire : petit cul potelé ).
L'ange Buns, ou PCP (petit cul potelé), n'a pas encore reçu ses ailes, c'est pourquoi elle est envoyée sur Terre pour aider un pauvre bougre à s'émanciper. Il faut bien avouer que le brave homme (marchand de chaussures) a de quoi déprimer, comme le montre la scène où il se fait ridiculiser par une cliente. Veronica Hart joue à merveille cet ange gardien assez particulier. Après l'excellent "Pandora's Mirror", elle enchaîne donc avec ce Angel Buns, une autre histoire à caractère fantastique qui n'est autre que la version porno de "La Vie est belle", le classique de Frank Capra. Le postulat de départ est le même, comme on peut le constater dans cet extrait du synopsis original : "Clarence, un ange sans ailes, est envoyée au secours de George Bailey afin de gagner ses ailes. Avec lui, nous revivons les années écoulées dans la vie de George". Le scénariste Jim Buckley (Debbie goes Dallas) a pu profiter d'une erreur sur le copyright du film de Capra qui le fit entrer dans le domaine public entre 1974 et 1994, ce qui permit de l'adapter sans crainte de représailles ou de poursuites.

 

 

Dans le monde du porno US, Veronica Hart (née en 1956) est une légende. Elle a connu la fin des tournages en 35 mm sur pellicule avec des scénarios et du budget. Elle a aussi fait partie de la nouvelle vague d'actrices qui émergea à l'aube des années 80 comme Vanessa Del Rio, Désirée Cousteau, Annette Haven ou Samantha Fox. A l'époque, les actrices se différenciaient à la fois par leur physique et leurs "compétences" (Vanessa Del Rio avait un clito gros comme un pois chiche, Désirée Cousteau avait une paire de nichons 100 % naturel...). C'était avant l'arrivée de Ginger Lynn et de ses clones (Amber, Porsche...). Bimbos sans saveur et interchangeables, ces blondes oxygénées, bronzées et siliconées vont anesthésier le porno US et étouffer toute créativité. Contrairement à certaines de ses consœurs, Veronica n'a malheureusement pas bénéficié de la même notoriété publique ; reconnue par la profession, et malgré le nombre important de films tournés, elle reste pourtant dans l'ombre. Et c'est encore pire en France où elle sera totalement éclipsée par l'émergence des actrices pornos bleu-blanc-rouge dans les années 80. Durant les années 1990, 2000 et 2010, elle va diriger, éditer et produire des films pornographiques, tout en faisant des caméos occasionnels dans les productions grand public. ("Boogie Nights", "Magnolia").

 

 

Robert Kerman (1947) est un cas dans le monde du cinéma. Acteur de théâtre, il a mené en parallèle une carrière pornographique (sous le pseudo de Richard Bolla) et une autre plus conventionnelle, notamment dans le cinéma de genre italien. Son premier film italien sera "SOS Concorde" (fait amusant, l'acteur a aussi joué dans "Airport 80: Concorde") de Ruggero Deodato. Il enchaîne ensuite "Cannibal Holocaust", La Secte des cannibales et "Cannibal Ferox". Dans les années 80, il entamera une belle carrière dans les séries télé et la série B. C'est alors que son agent le laisse tomber. Désemparé, il plonge alors dans une terrible dépression et sombre dans l'alcool et la drogue. Il passera les dix années suivantes à essayer de se reconstruire. Puis, le boom du DVD arrive, et soudainement l'acteur reçoit des offres pour commenter ses prestations, notamment dans "Cannibal Holocaust", alors que l'industrie du porno finit par l'honorer en le nommant à l'AVN Hall of Fame. En 2002, Sam Raimi lui offre un petit rôle dans "Spiderman" et aujourd'hui Kerman écume les conventions, et donne des interviews sur les tournages homériques de ses films pornos, mais surtout sur "Cannibal Holocaust" et "Cannibal Ferox".

 

 

Dans le porno, il existe les "stars" reconnues qui vendent les films sur leur nom, et les autres qui sont les chevilles ouvrières. Suivant les projets, les rôles peuvent évoluer comme Veronica Hart qui va passer de tête d'affiche à figurante. Certaines productions mélangent actrice d'opportunité et actrice/acteur confirmé, comme c'est le cas dans ce film. Au côté de Lisa Beth (2 films), Angelina Forest (1 film), Diane May (7 films) et Brenda Brook (1 film), on retrouve la professionnelle Tiffany Clark, l'une de ces actrices désignées d'office pour jouer les seconds rôles. Elle fera l'essentiel de sa carrière sur une période de dix ans, écumant le porno US des années 80. Deux autres salariés du porno US font aussi partie du casting : les acteurs George Payne, spécialisé dans le porno gay à tendance SM, mais aussi à l'aise dans le porno hétéro notamment au côté de Veronica Hart, ainsi que dans certain "Grindhouse" réalisé par Phil Prince ("Story of Prunella", "Kneel before me", "Dr Bizarro") ; Et Jerry Butler, qui a tourné à peu près 400 films entre 1980 et 1995. Cela lui fait une belle moyenne de vingt-cinq films par an ou deux films par mois. Butler nous a quitté en 2008 d'un cancer du pancréas.

Angel Buns est un film X comme certains n'en ont jamais vu, avec des actrices qui ne ressemblent pas à des poupées gonflable russes, avec du poil partout et des acteurs qui ne sont pas équipés comme des marteaux piqueurs ! On a même droit à une esquisse de scénario (avec référence cinéphilique !) et une dose de bonne rigolade (Kerman qui fantasme sur son oreiller ou traverse un mur avec sa queue). Veronica Hart est parfaite et ondule de la croupe comme un ange, ce qui prouve qu'elle mérite bien son nom de Angel Buns. Le film est une petite merveille et n'a rien à envier à certaines productions dite "classiques". D'ailleurs, enlevez toutes les scènes hard et vous avez une petite comédie sympa, ce qui est presque un miracle... normal pour un film dont l'héroïne est un ange !

 

 

The Omega Man

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